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jeudi 19 janvier 2017

Menteur indécis

 "Je meurs à l'instant, si l'envie me reprend de remettre ma tête dans la gueule du serpent. De me laisser encore crucifier le cœur pour un joli sourire..." Putains vous m'aurez plus. Saez

Le célibat a le net avantage de découvrir des choses, que dis-je!  Des espèces qu'on aurait jamais eu la chance de rencontrer si l'on était resté en couple.
Au final, je me questionne, je m'interroge, je me demande ce qui est le mieux? Rester en couple avec le pire macho macho man que la terre n'ait jamais porté? Ou rencontrer des espèces, eh Non, à la manière de l'altruisme hédoniste, toujours pas en voie de disparition! MAIS! !! Plus exotiques les unes que les autres! Je ne sais pas, Non vraiment! Peut-être que j'opterai quand même pour la seconde proposition, histoire qu'on rigole un coup!
Il y a un petit moment, je ne sais pas si tu te souviens, mais je t'avais parlé de l'altruiste hédoniste, tu sais, ce serial dragueur, chopeur, spécialiste, docteur es drague et plus si affinités.
Aujourd'hui je choisis de te parler d'une nouvelle espèce, que tu connais sans doute, quelque peu plus rare, mais pas moins surprenante et consternante en la matière. J'ai nommé : "le menteur indécis", plus précisément qualifié par Valérie (qu'on ne présente plus) de "trompette" ou de "tocard".

Plus sérieusement, si je me souviens bien, je crois, il me semble, que je n'avais jamais approché cette catégorie d'aussi près.
Tu es comme moi, tu es prévisible, et je sais qu'en soirée, tu vas sans doute davantage cligner des yeux sur le pilier de bar, l'accoudé au comptoir, celui qui te regarde d'un air de prédateur, peut-être même raccoleur. Tu vas sans doute davantage saigner du nez pour le type là, au sourire aguicheur, au regard de velours et aux épaules de trappeur, bien plus que pour le menteur indécis.
Si je réfléchis bien, je dirais que le menteur indécis aurait été le poète, le ménestrel du seizième siècle.
Non, tu ne te serais sans doute pas retourné sur lui, parce-que déjà, il n'évolue pas forcément dans le même monde que toi, et souvent, je dis bien, souvent, les apparences sont trompeuses.
Contrairement à l'altruiste hédoniste dont tous les gestes, toutes les attentions, sont dirigées dans un seul et unique but, celui de te ramener chez lui, chez toi, de consommer et adios los amigos.
Le menteur indécis est tout sauf ça.
En apparence, c'est un type bien, très bien même. Tu vas même finir par croire que c'est un homme, un vrai.
Dans un premier temps, il attendra quinze rendez-vous avant d'oser t'embrasser.
Dans un premier temps, ce type est l'essence même du gentleman célibataire. Mais pourquoi, justement est-il célibataire puisqu'il est si fabuleux? That is the question!
Si tu es naïve et débile mentale, un peu comme moi, tu vas mettre un certain laps de temps à comprendre le  comment, du pourquoi de sa stature. Mais ne t'inquiètes donc pas, je vais tout t'expliquer tranquillement sur cette espèce incroyable, insaisissable, euh, non peut-être pas tant que ça finalement.
Cet oiseau ni plus ni moins, relativement rare, si j'en crois mon expérience est un adepte de l'amour et des choses bien faites.
Souvent le pinpin, est un type, on ne peut plus bien éduqué, par sa maman, peut-être trop même.
Et surtout ce mec est amoureux de l'amour.
Au lieu de tenter une approche à l'aide de promesses plus lubriques les une que les autres, lui va te parler de sa conception de l'amour.
Au départ, t'es méfiante, tu ne sais pas trop, tu n'es pas spécialiste de l'espèce faut dire. Tu pars un peu en terre inconnue.
Puis, peu à peu, tu te dis pourquoi pas.
Au bout de trois jours de relation, il tentera un "je t'aime tellement" qui te donnera quand même un peu envie d'éclater de rire. Soit; Tu vas tout de même te faire avoir comme une bleue.

Parce-que, faut pas croire, en dessous de nos grands discours féministes, ouais je suis un mec, ouais j'ai besoin de personne, nous sommes toutes pour la plupart, des petites fleurs fragiles, qui n'attendons qu'une chose. Le prince charmant sur son grand cheval blanc.
Et le menteur indécis c'est quand même l'illusion qu'il donne au commencement.
Il n'a pas forcément de cheval blanc, c'est vrai, mais il a une belle voiture propre et bien rangée, pas parsemée de miettes de chocolatines et de ballons de baudruche comme la mienne. Il présente bien, faut dire, et il sent bon.
Le menteur indécis te donne l'impression d'être la septième merveille du monde. Et forcément, question d'expérience quand tu as été affublée, du charmant sobriquet de "grosse boulie" pendant sept ans, bah au bout d'un moment, assez rapidement même, tu mords à l'hameçon.

Le menteur indécis te demande souvent ce que tu peux bien lui trouver. Au début, je te cache pas, que tu restes perplexe et légèrement agacée, par ce manque d'assurance, toi qui est abonnée aux altruistes hédonistes à la confiance et l'égo surdimensionnés. Puis finalement, y a pas à dire, ça finit par t’émouvoir.
Cette espèce, eh non, pas en voie de disparation, va faire les choses bien, du début, mais non, ne t'emballe pas, hélas, pas jusqu'à la fin.
La lune de miel, comme on l'appelle dans le jargon, va être faste et pleine de promesses, avec cette "trompette".
Ah, tu vas en entendre des projets, des conneries sans nom, sans même que tu ne demandes rien.
Parce-que le menteur indécis, ce qu'il veut au fond, c'est que tu l'aimes. C'est aussi simple que cela!
Alors, au delà de toutes ses brillantes interventions concernant ton physique, ton intellect, ou tout simplement ta personne dans sa globalité, tout sera dirigé dans l'unique but que tu tombes amoureuse.

Je ne sais pas, autant avec l'altruiste hédoniste, les illusions sont de courte durée, les attentes sont dangereuses et inutiles, autant là, à un moment donné, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, tu risques de tomber les masques et de lever le voile, bêtement.
Piège, erreur, warning de survie.
Attention, ne saute pas dans le puis à pieds joints, c'est une entourloupe, crois-moi.
Le menteur indécis n'est pas l'homme, le vrai.
Ah ça oui, il va t'abreuver de textos, d'appels toute la journée, et bichette, tu vas te sentir importante, voire même irremplaçable, il n'en est rien!
Ce type est le prototype même de ce qu'on attend, en apparences, évidemment.
C'est l'illusion, que dis-je l'hologramme d'un type qui n'existe pas!
Il va rentrer, s'incruster dans ta vie, sans même que tu aies eu le temps de dire ouf.
Plus sérieusement, qui envoie des messages à une femme dix fois par jour, bourrés de petits bonhommes avec des cœurs dans les yeux?
Qui lui demande le plus sérieusement du monde où elle se voit dans un an, parce-qu'il a furieusement envie de vivre avec elle? Moi, qui ne sais pas concrètement, où je serai dans dix minutes, je te cache pas, qu'il a fallu improviser là!
Qui la prévient de ses plans avec ses potes et abrège la plupart du temps ses soirées pour être avec elle?
Le menteur indécis ne répond pas à tes attentes, meuf, il les anticipe!
Et ça, crois-moi, c'est contre nature.
Je te cache pas, y a un moment, je ne sais plus lequel, où j'ai clairement cru que ça pouvait être ça la vie.
Un mec qui  fait le ménage chez toi quand t'es pas là, t'envoie des roses pour vos un mois de relation, parle derrière toi pour te donner des conseils quand t'es au téléphone avec ta mère ou tes copines.
Non, arrête, réveille toi ma grande, ça n'existe pas.
J'aurais du, un temps soit peu, écarquiller les yeux bien grands, me poser, et surtout me poser les bonnes questions, non, non, comme d'habitude, j'ai foncé tête baissée et je suis tombée stupidement amoureuse de ce grand tocard.
Là où j'aurais du me méfier, c'est quand je racontais un peu la manière dont ça se passait à mes copains, qui sont pour la plupart des altruistes hédonistes en puissance.
J'en revois un, plus particulièrement, hocher la tête d'un air grave et me souffler: "ah oui, il est fort, très fort".  Bah tiens! Tu m'étonnes, je te le dis, haut et fort, dans la famille de l'enfoiré affectif, on a trouvé mieux que l'altruiste hédoniste, nous avons, nous avons... Le menteur indécis! Plus communément appelé "trompette" ou "tocard" de surcroît! Bonne pioche!
Puis, sauvage que tu es, quand tu t'es lâchée, lorsque tu as décidé de te laisser aller, eh bien bizarrement, le gugus est nettement moins assidu dans l'envoi intempestif de textos. Bah voyons!!!!

Sérieusement, je te l'ai déjà dit, mais cette instantanéité de communication, je ne la supporte plus.
Qu'est-ce que j'aimerais revenir à l'époque des petits mots de collégiens dans la trousse, ou des lettres apportés par le facteur.
Bordel, on savait attendre, on avait que ça à faire!
Maintenant, voilà, on attend un petit texto qui n'arrive pas bien entendu, on va faire un tour sur Facebook, et là. Eh là, c'est le drame, Monsieur est constamment connecté... Je te fais un dessin?
Faut pas être sortie de Saint-Cyr pour tirer ses conclusions.

En définitive, ce qu'attend l'altruiste hédoniste, c'est de passer un petit cinq à sept sympatoche avec toi, après quoi, il ne donnera aucune nouvelle;
Et ce qu'attend le menteur indécis, c'est que tu tombes amoureuse de lui, que tu lui donnes du sentiment, de l'assurance, ce, après quoi, il commencera à prendre ses distances. Pas classe.. On est d'accord.
On s'étonne encore! Moi, je crois franchement que c'est clair, je crois franchement qu'il faut que je revois mes exigences à la baisse.
Ah, je t'ai fait rêver avec l'homme le vrai, le parfait.
Il peut l'être parfois, te décortiquer tes crevettes dans une cabane du Ferret, te jouer de la guitare sur la plage les yeux dans les yeux sans ne rien pouvoir te promettre et disparaître, pour revenir... Un jour sans doute.
 Je crois que c'est ça la vérité. Je crois à l'imprévisibilité de la gente masculine désormais.
Et donc revenons à nos moutons, ma biche... Comme je te disais, il va prendre ses distances, être de moins en moins clair dans ses intentions et ses décisions, jusqu'au jour, où... Où tu vas devoir t'auto larguer.
Parce-que soyons claires et précises, le menteur indécis est une trompette, et une trompette n'a pas l'audace de ses, jadis, ardeurs, il subit et attend tapis dans l'ombre, que tu prennes la décision pour lui.
Parce-qu'on est comme ça, nous les filles, quand y en a marre, y a malabar, non même pas, je dis n'importe-quoi.
Quand y en a marre, on pose un bon ultimatum des familles, en pensant que ça va terriblement ennuyer, peut-être même faire souffrir le type en question! Mais non!!!! Il n'attend que ça pauvrette, que tu fasses le sale boulot pour lui! La bonne blague! Problème de timing il te dira. Réponse bateau n°3 dans le lexique, "Comment larguer une fille vite fait, bien fait!"
Mais comme la trompette, est un type bien et gentil, enfin c'est ce qu'il croit lui, parce-que nous, on en  est plus trop sûre quand même, il voudrait bien rester ami!
Et là, clairement, j'ai envie de dire, mais pourquoi faire?!?
Tu reviendras quand même parfois et il t'assènera d'un "je savais bien, que je n'allais pas te perdre tout de suite". Tocard.
Alors, ma belle, fais moi plaisir, ce jour là, si tout ce que je t'ai relaté ne t'a pas servi de leçon, regarde le, éclate lui de rire au nez, et va t'en , non vraiment, va t'en et passe à autre chose, tu ne peux rien contre la montre et ses sentiments à deux balles, qui ne durent  que trois minutes.

Je te dis ça, moi, je m'enfous, après tout, le prince charmant, qu'il aille choper Cendrillon, Blanche-Neige et toute la smala. Ma vie, je l'ai faite, j'attends rien en définitive, juste un petit sourire, un regard fiévreux peut-être, une tête qui tourne, et un truc peut être ou pas même, qui se construirait sur la durée et pas en trois minutes.
Tu vois, tout ça pour dire, qu'il y a plusieurs catégories, plusieurs espèces, on a pas fait le tour crois-moi, on va pas être déçue. Puis quoi, peu importe, pourvu qu'il y ait l'ivresse!

Et toi le menteur indécis, je ne t'oublie pas...








lundi 9 janvier 2017

The Greatest

"Running out of breath, but I
Oh, I, I got stamina....!
Running now, I close my eyes
Well, oh, I got stamina...!
 I see another mountain to climb
But I, I got stamina
 I need another love to be mine
'Cause I, I got stamina...!" Sia. The Greatest.


J'avoue, votre honneur, j'ai méchamment eu envie de me moquer de toutes les personnes qui m'ont dit qu'elles avaient hâte de passer à la nouvelle année, à l'année 2017, rapidement.
Je ne sais pas pourquoi, ça m'énervait d'entendre les gens dire, croire qu'en le passage d'une minute à l'autre, d'un jour à l'autre, d'un mois à l'autre, bref, d'une année à l'autre, leur existence allait changer.
Moi, perso, ça fait deux ans que j'attends que ça change, et ce n'est pas le mois de janvier  de la nouvelle année qui a radicalement bouleversé ma vie! Pardonne-moi, je crois que je deviens un poil sceptique.

Je ne sais pas, je trouve qu'on a une tendance naïve à penser qu'en changeant d'année civile, le mauvais sort va s'éloigner.
Alors cette année, je m'étais dit que je résisterais à tout cet engouement, pas de résolutions débiles, pas de projets, rien, nada.
Puis, finalement, une chose en entraînant une autre, me voilà bardée de super résolutions, plus incroyables les unes que les autres. Je suis vraiment comme tout le monde, peut-être pire même.
Mais attention, j'insiste, ce n'est pas à cause de 2017, c'est juste à cause de moi, à cause de mon déclic...


Fin d'année 2016, je prends encore une claque, ou deux. Je repars dans mes travers, fumer plus que de raison, ne plus manger, haïr la terre entière, surtout elle là, tu sais, je ne vais pas te faire un dessin.
C'est comme une espèce d'effet boomerang.
Autour de moi, on ne cesse de me répéter que j'avance, mais c'est faux, moi j'ai la sensation d'être engluée encore et toujours dans les mêmes tirades, je vois bien que je n'avance pas, pire, je recule.
Et surtout, je reste stoïque, avec cette terrible colère qui me dévore.
Et je n'arrive pas à trouver la clé qui me permettra de trouver la porte de sortie, un peu comme dans Fort Boyard,  et là c'est la merde, et le stress...
Bref... Il paraît que c'est normal, qu'on met au moins trois ans à s'en remettre, mais le temps, toujours ce putain de temps facteur d'angoisse... trois ans??? Pas question, ça sera moins, beaucoup moins.


J'ai discuté longuement avec mon avocate, au moment où l'effet boomerang était à son paroxysme, et que j'aurais souhaité faire un carnage, pour me venger et me libérer. Mais je n'avais toujours pas compris à ce moment là, que c'est en souhaitant faire du mal, et rendre la monnaie de la pièce, que je m'emprisonnais encore plus finalement.
Contre toute attente, c'est elle qui a eu le discours le plus libérateur que j'ai pu entendre en l'espace d'un an.
C'est elle qui m'a dit d'arrêter de me positionner en victime, mais d'accepter, de vivre avec et surtout de ne pas être une victime. C'est elle, qui m'a conseillée de lâcher, de cesser de résister car parfois, la paix intérieure c'est celle qu'on obtient en acceptant simplement les choses, et en cessant de considérer la vie comme un combat.


Je n'ai pas compris immédiatement le sens de son discours et de sa morale, il a fallu que l'idée fasse son petit bout de chemin, il a fallu souvent; que je me dise: "allez ma belle (c'est comme ça que je m'appelle maintenant lorsque je me parle toute seule, je trouve que c'est empli de bienveillance, j'aime bien), c'est arrivé, et c'est fini, tu n'y peux plus rien, c'est comme ça, c'est la vie, accepte de vivre avec, plein de belles choses t'attendent, sois simplement patiente."
Je me répète cette phrase en boucle, parce-que, concrètement, on ne peut pas dire que la patience soit mon fort. Je te promets, je vais faire des efforts pour l'être davantage, c'est ma nouvelle résolution de 2017, nan j'déconne!

Dans pas très longtemps, je vais signer les papiers du divorce, je ne peux pas te dire que j'attends ça avec impatience, on n'attend pas de signer pour la fin de la plus grande histoire d'amour de sa vie avec bonheur et excitation, non. Mais je suis quand même assez contente, de savoir que tout ça sera derrière moi. Peut-être arriverons nous un jour à avoir des relations apaisées.
Il y a encore deux mois, je t'aurais dit que non, que je lui ferai payer jusqu'à la fin de ses jours.
Mais en fait, après une énième crise d'hystérie, j'ai compris, j'ai ressenti au plus profond de moi, que je ne pouvais plus vivre comme ça.
Je sais ce que certains d'entre vous pensent. que je suis sans doute un peu folle, qu'après un an, c'est ridicule.
Et je souris, oui, vous avez raison, mais surtout, je vous souhaite un dixième de ce que j'ai ressenti pour oser, pour prétendre émettre un avis et juger.
Et peu importe votre avis, je m'en contre balance comme de l'an quarante car j'ai compris seule.
J'ai saisi que ce ne serait plus la guerre, que c'était passé, que c'était comme ça oui, que je devais me débarrasser de tout ça pour ré apprendre à vivre.
Mais tu sais, il faut sacrément l'avoir décidé.
J'ai pas décidé ça dans ma tête, comme on décide de faire une lessive de couleurs.
Non, je l'ai ressenti au plus profond de mon petit buste. Et depuis que je l'ai décidé, que je lui ai dit, tu me crois, tu ne me crois pas, je vais mieux, beaucoup mieux même.
Il y a même des jours où je n'y pense plus, il y a même parfois des jours entiers sans que cela ne me fasse mal.
Ma parenthèse enchantée s'est un petit peu plus creusée, et mon cœur est plus léger et surtout, je souris beaucoup plus, je suis tellement moins en colère, première résolution.
Plus de guerre, non.
Parce-qu'au final, faire la guerre, être en colère, ça amène quoi... Le mal c'est à soi même qu'on se l'inflige et ça c'est pas possible.

Seconde résolution, j'ai arrêté de fumer encore.
J'ai mis un terme à cette addiction dégueulasse pour plusieurs raisons, vois-tu.
Déjà, parce-que je fumais tous les soirs sur ma terrasse et que je guettais toutes les voitures, au cas où quelqu'un viendrait me faire une surprise.
Sauf qu'on est pas dans une comédie romantique américaine, ici c'est la vraie vie, et à ma connaissance, personne n'est jamais venu me chanter une petite chanson du parking ou lancer des petits graviers sur ma baie vitrée pour me déclarer son amour ou me faire une petite blague.
donc maintenant que je ne fume plus, je ferme le store et comme ça, j'arrête de croire au père Noël ou à je ne sais quoi d'autre d'ailleurs.
Et puis, j'ai des projets, moi, Madame. Oui, oui, un projet  sportif complètement fou fou.
Je crois que comme beaucoup d'entre nous, j'ai besoin de défi, pour me sentir libre, pour me sentir vivante.
Et bizarrement, j'ai vraiment besoin de me faire mal, d'avoir mal.
Pour le coup, je vais pas me rater, mais quoi te dire?
Je n'ai plus mal au cœur, non, alors je vais me faire mal au corps, pour voir jusqu'où je peux aller, pour voir où se situent mes limites physiques, pour les repousser encore et encore et me sentir grandie de cet exploit.
Je ne sais pas pourquoi, je parle déjà d'exploit, j'ai toujours eu une confiance en moi surdimensionnée en matière de performance physique.
Je ne peux pas te l'expliquer.
Quoiqu'il en soit, j'ai commencé et j'y crois, j'en ai tellement envie.
Finalement, je ne sais pas toi comme tu as vécu 2016, mais moi, je crois que j'ai subi.
Je crois vraiment que j'ai fait ce que j'ai pu pour avancer, pour survivre, plus que pour vivre en fait.

Hormis les moments passés avec mes enfants, je n'ai pas la sensation d'avoir été heureuse, un peu oui, mais pas assez par rapport à ce qui va se passer en 2017.
Nous y voilà...Tout n'est définitivement pas perdu.
Au début, je n'y croyais plus non, mais maintenant, je te conseille de faire des projets, c'est sans doute la meilleure façon d'agir, moi c'est comme ça que je le vois et c'est comme ça que j'y crois.
J'ai déjà tout organisé dans ma tête tu parles...
Jusqu'en Juin, je m'entraîne. Cela va me prendre un temps fou, une énergie démesurée et je me sentirai libre, tellement libre.
Cet été, je partirai en vacances avec mes chatons, rien que nous 3.
Puis juste avant, j'achèterai une nouvelle voiture, on ne sera plus jamais rabord, quand on partira quelque part, on sera  top confort.
Puis entre temps, on aura des tas de tranches de vie, des tas de sourires et d'éclats de rires à 3.
On sera très très longtemps à 3, je crois, parce-que je crois, tu vois, qu'il n'y a personne encore aujourd'hui qui nous mérite nous 3.
Et puis entre temps, on mangera plein de glaces, et il y aura des fêtes aussi avec les copines, beaucoup de verres de blanc et de champagne, beaucoup de tapas, et de rouge à lèvres, et des jolies rencontres, j'espère avec des sourires ravageurs, et des regards ténébreux, des discussions engagés, et stimulantes intellectuellement parlant.
Une copine l'autre jour m'a soufflé dans l'oreille "2017, l'année de la quequette!", ce à quoi, tu te doutes, j'ai ricané pendant dix minutes.
Mais moi, je te le dis, einh, 2017 sera super chouette.
J'espère pouvoir faire le bilan, et te dire que cette fois ci, non, je ne me suis pas écroulée, je suis restée figée, droite comme un i, toujours digne, toujours garder la tête bien haute surtout, tu te rappelles.
J'espère pouvoir te dire que cette fois ci, oui j'ai agi sur ma vie.
Allez je te fais une bisette et on en reparle vite, très vite! Et sinon... Beth Ditto a tout compris elle aussi!

"One step closer and feeling fine
Getting better one day at a time
I'm moving forward with all of my might
I'm heading talk with a new state in mind
So I hold back tears
Move in the right direction
Face my fears
Move in the right direction" Move in the right direction. Gossip





dimanche 27 novembre 2016

Melrose Place

"Tough girl, I'm in pain
It's lonely at the top, black outs and airplanes
And I still pour you a glass, of champagne
Tough girl whose soul aches
I'm at home, on my own
Check my phone, nothing, though
Act busy, you order in
Pay TV, it’s agony

  I may cry ruinin' my makeup
Wash away all the things you've taken
And I don't care if I don’t look pretty
Big girls cry when their hearts are breaking" Sia


J'ai peur, je voudrais récupérer la clé de chez moi, je voudrais récupérer la clé de mon cœur. 
Je voudrais me barricader et me cacher.
Je voudrais jeter mon téléphone par la fenêtre, pour ne pas passer mes journées, mes soirées, les yeux rivés dessus.
Je voudrais lentement peser le pour et le contre, lentement effectuer mes provisions du cœur et ne plus jamais les céder, même pas pour le moindre dollar, même pas pour le moindre sourire aguicheur ou de belles paroles sorties de nulle part, qui n'ont, en définitive aucune valeur.

Je voudrais être en 2006. On ne savait pas que nos vies ressembleraient à ça.
Tu te souviens comme nous étions confiantes? Comme nous pensions, que passé la trentaine, tout serait plus simple, on aurait construit de belles choses, avec de belles personnes et on ne se poserait plus de question.
Mais nous nous sommes trompées au final.
Nous pensions que si c'était pas celui là, ça serait un autre.
 Nous pensions, qu'une fois, le précieux sésame obtenu, la mutation dans le Sud-Ouest, tout serait plus simple. Mais c'était faux.
C'était, il y a dix ans que tout était plus simple.
Pourquoi donc? Parce-que nous étions confiantes.
Parce-que nous savions, qu'il nous attendait des trucs incroyables. Il y en a eu, évidemment.
Mais j'ai la sensation, ce soir, d'avoir répété toujours les mêmes erreurs, d'avoir effectué toujours les mêmes mauvais choix.
Ah ça non, on n'avait pas pensé au fait que dans la construction, parfois, il y a aussi la déconstruction.
Qu'elle demande du temps, ou peu, et qu'au final, c'est toujours la même chose, toujours la même douleur, toujours le même chagrin, qui se dissipe, au fil du temps et des bons moments passés ensemble.
Sauf qu'aujourd'hui, nous ne sommes pas tout le temps ensemble.
Et c'est peut-être cela qui fait que c'est tellement difficile.
Faire en sorte que les jours passent, avec toujours cette horrible angoisse du temps.
C'est vrai, un jour de passé, c'est un jour de gagné sur notre vie.
Sauf qu'on est plus tout le temps ensemble.
Tu te souviens comme on guettait l'arrivée de l'une, de l'autre, à la coloc.
Tu te souviens comme on riait de se voir. Des fois, on s'engueulait aussi, je te détestais et toi... Toi, forcément, t'avais envie de me filer des gifles.
Et tu te souviens comme on se moquait, comme on riait.

On riait fort, partout, dans le salon, dans la rue, chez Monop, lorsqu'on revenait les bras chargés de gâteaux, de chocolat, de sauciflard, j'en passe et des meilleurs.
Dois-je rajouter, qu'à cette époque, nous ne prenions pas un gramme non plus, ah la belle époque.
On riait tellement, tu te souviens, au jardin du Luxembourg, quand j'avais refusé de céder ma chaise, sur laquelle reposaient mes pieds.
T'en revenais pas, tu m'avais regardée par-dessus tes lunettes de soleil et tu m'avais chuchoté: "Mais en vrai, t'es une connasse!"
On riait quand on revenait de soirée, et que je disais à 10h du matin, à la boulangère, "Bonsoir, une chocolatine s'il vous plaît".
On riait si fort quand tu disais aux mecs qui te draguaient: "Dégage, tu m'dégoutes!".
Mon Dieu, j'aurais du en prendre de la graine, tiens.

Mais tu sais, je vais faire mon utopiste.
Y a des jours, où je me demande si ça ne serait pas plus simple qu'on habite toutes dans une résidence Melrose Place.
Je m'explique. On y vivrait, toi, moi, et toute une bande de copines. Nous et les gosses.
Je ne me traînerai pas ma solitude au moins. 
On serait toute une clique de gonzesses, à organiser des virées au parc, à la plage, aux structures gonflables qui puent des pieds.
Tous nos enfants s'éclateraient ensemble, et pendant ce temps, on referait le monde et on rirait tellement.
Le soir, bien entendu, chacune chez soi, les devoirs, le bain, le repas, puis une fois, les gosses couchés, on se retrouverait pour boire un verre, mater un film ou discuter, dans l'appartement de l'une ou de l'autre.
Mais surtout, il n'y aurait pas de mari, pas de chaussettes sales, de rugby à la télé, d'entraînement, de retour de beuverie, de déception ou de prise de tête.
On aurait des droits de visite, des amants de passage, sans lendemain, et surtout pas de prise de tête.
Et lorsque l'une d'entre nous, aurait conclu, il y aurait conseil de guerre dès le lendemain afin de partager tous les détails les plus croustillants.
Comme il y a dix ans, tu te souviens?
Tu te souviens de cette fois, où parce-qu'un goujat n'avait pas voulu me déposer, j'avais cherché la bouche de métro pendant une demi-heure sous la pluie.
Tu pleurais de rire, lorsque j'étais rentrée excédée.

C'était plus simple, on s'enfoutait parce-qu'on était nous. 
Parce-qu'on avait de la bienveillance l'une envers l'autre, et qu'on savait se dire les choses et se parler.
Il y a toujours eu beaucoup de bienveillance et d'honnêteté entre nous.
L'autre jour, je me posais des questions et tu m'as dit, entre autre, que je devais cesser de calculer, que je devais être moi parce-que c'est comme ça que tu m'aimais, avec mes défauts et mes qualités.
Et que si quelqu'un m'aimait vraiment, il n'aurait pas d'autre solution, que de me prendre, toute entière, avec mes valises, mes casseroles, mes coups d'éclats mais surtout, avec tout ce qu'il y avait de positif.
Et tu as tellement raison.
Quand j'y pense, t'as toujours été là. Parfois, tu m'as dit," mais je ne sais pas quoi te dire moi". 
Mais tu es restée là. Tu m'as proposé de venir même, de tout plaquer pour venir, juste pour me serrer dans tes bras, ou tenter de me faire marrer, en jouant du crayon. Tu te souviens de cette connerie, même dix ans, après, avec Yannick, on en parle encore.
Tu m'as écoutée, tu m'as écoutée pleurer, parfois, tu m'as dit ce que je voulais entendre juste pour m'apaiser aussi.
Tu m'as souri, tu m'as parlé de toi aussi. Et moi, j'aime quand tu me parles de toi. Je voudrais être là aussi.
Et puis, on a même réussi à rire quand il n'y avait plus d'espoir, et plus matière à rire, et si tu savais.
Si tu savais comme je serais anéantie sans toi dans ma vie. 
Je repense souvent à cette fois, où l'on était en deuxième année de fac, que j'avais peur de toi.
Cette fois où tu m'avais klaxonné en voiture en me faisant mille coucous, et que je m'étais demandé "qu'est-ce qu'elle me veut celle-là".

Et si tu savais, à quel point, je ne regrette pas ce soir à la Feria, où tu étais venue me parler,  et où décontenancée, étonnée, je t'avais proposé de venir boire l'apéro chez moi.
J'avais découvert bien loin de l'image de garçon manqué que tu véhiculais, la personnalité d'une vraie fille, d'un vrai potentiel de copine;
Si tu savais, à quel point, je ne regrette pas, parce-que parfois, ce que je me dis, c'est que mon grand amour, c'est toi...


"Oh, why you look so sad, the tears are in your eyes,
Come on and come to me now, and don't be ashamed to cry,
Let me see you through, 'cause I've seen the dark side too.
When the night falls on you, you don't know what to do,
Nothing you confess could make me love you less" The Pretenders


samedi 16 juillet 2016

Love me Tinder

"Quand l´écran s´allume, je tape sur mon clavier
Tous les mots sans voix qu´on se dit avec les doigts
Et j´envoie dans la nuit
Un message pour celle qui
M´a répondu OK pour un rendez-vous" Goodbye Marylou. Michel Polnareff

On va pas se mentir, beaucoup d'entre nous passe un temps absurde à pianoter sur leur smartphone, moi la première.
Si demain, on m'annonçait que l'on me confisquait mon téléphone et toutes les applications qui vont avec, je ne suis pas certaine que ça me ferait rire.
Au début, ça serait terrible, comme pour se sevrer d'une putain de drogue, qui rythme mes jours, et même parfois mes nuits.
Mais au final, comme tout serait plus simple et authentique...

Tout serait comme du temps où lorsque je m,'ennuyais, j'enfourchais mon vélo pour aller rendre visite à des copines à l'improviste, sans savoir si elles seraient chez elles.
Ou même lorsque je guettais le facteur, afin de voir si j'avais reçu la lettre tant attendue.
Tout était plus simple, parce-qu'il y avait de la place pour l'imaginaire, et pour une rêveuse comme moi, forcément c'est le graal absolu, de pouvoir rêver, fabuler, supposer.
Aujourd'hui, si untel ne t'a pas répondu ou écrit, tu vérifies à quelle heure il s'est connecté sur Facebook, et s'il est en ligne, t'as compris le message quoi.
Tu ne peux même pas te dire, tiens, il a peut-être été retenu par la voisine qui voulait qu'il promène son caniche, ou je ne sais quoi.
Non aujourd'hui, si tu es un minimum une fouine, comme moi, je peux te dire que la réalité est glaçante, voire consternante.

Bref, tout ça pour dire, qu'il y a quelques mois, je me suis mise en tête de retrouver un mec, un vrai. 
Comme je suis particulièrement occupée, j'ai pensé que les pseudo sites de rencontres en mode application sur mon iphone seraient relativement pratiques. Evidemment, j'ai pas été déçue du voyage.

Sur Tinder, par exemple, je pense que c'est gratuit car les contacts que j'ai pu avoir ont été pour la plupart assez agressifs, dans tous les sens du terme.

Le premier "match" que j'ai eu s'est révélé être avec un type sans aucun humour. Il avait marqué dans son profil qu'il faisait partie de l'Education Nationale. Alors enjouée, je commence à lui parler de sa profession, ce à quoi il me répond que c'est une blague, qu'il n'est pas du tout prof. Je lui réponds alors que s'il n'est pas prof alors je ne lui parle plus.
Réaction sans appel, je me suis faite engueulée comme du poisson pourri, faite traitée de branleuse feignasse qui ne pense qu'à faire la grève, voilà voilà...

Deuxième match, Bibou. Plutôt mignon sur les photos, très rigolo dans la conversation, ça mérite bien d'aller boire une bière avec. Il arrive. Je sais déjà que je vais rester 30 minutes montre en main. Un physique absolument pas conforme aux phots, 1m20 au garrot, et il me fait déjà les yeux d'amour... La loose. Je fuis...

Troisième match, là je pense avoir fait mouche. Un bordeluche, assez joli, éduqué, cultivé, drôle et très motivé.
On échange de manière assidu pendant 3 jours. Je suis conquise pour aller boire un verre.
Je ne sais pas ce qui lui a pris mais j'ose imaginer que c'est bien mieux que ce soit passé comme ça.
Sans doute pris d'une confiance répréhensible, le jeune homme part sur un terrain glissant, celui du sexe. M,'expliquant ce qu'il aime, se positionnant véritablement en victime des assauts plus délirants les uns que les autres de ses nombreuses conquêtes.
En bref, ses pratiques sont déviantes, il m'annonce la couleur, j'essaye d'en savoir plus. Il s'engouffre dans des détails plus que trashs, qui je pensais n'étaient réalisés qu'au sein de films pornos très très hard... Au suivant.

Sur Adopteunmec, par exemple, je suis quasi certaine que les types payent car il y a une courtoisie, parfois même un peu cucul qu'on ne trouve pas sur Tinder. 
Les garçons y sont gentils, polis, attentionnés et cherchent à se vendre par tous les moyens.

Sincèrement, tout ce que je peux conclure c'est que je ne suis vraiment pas faite pour ce type de démarche.
Forcément, ça a occupé quelques une de mes soirées de parler avec n'importe qui, mais j'ai vraiment du mal.
Encore une fois, aucune place pour l'imaginaire, la spontanéité, rien que d'en parler, je suis mal à l'aise et je sens l’exaspération prendre le pas sur moi.

Tous ces gars, qui pour certains, gagnent sans doute à être connus, me donnent envie de les enguirlander, de leur dire mais merde, c'est pas ça la vie, raconter des conneries derrière un écran. Parle, drague en terrasse bordel, lance des regards brûlants, des sourires carnassiers, mais pas ça merde, c'est trop facile.
Quand on était au collège et qu'on avait envie de rouler deux trois pelles au voisin, fallait prendre son courage à deux mains, aller le voir et lui demander s'il voulait bien sortir avec soi.

C'était quelque-chose, ça foutait la trouille, on sentait son petit cœur palpiter, ses jambes vaciller, sa tête s’embrouiller, c'était terrible mais c'était génial.
Franchement, c'est devenu trop facile de pécho, et c'est pas normal, on devrait encore avoir la trouille et ne pas accepter toutes les conneries que ces types peuvent déblatérer tranquillement, bien cachés derrière leur téléphone.


Et puis voilà ce petit mec tout frais que je connaissais de vue, il y a dix ans qui me superlike. Me voilà quelque peu flattée mais pas dupe. Je commence à converser avec lui. Sympa. Alors qu'il y a dix ans, je l'avais trouvé con et pour cause, il avait refusé de m'embrasser en boîte suite à un jeu débile. Bref, je croise secrètement les doigts pour qu'il ne s'en souvienne pas. Evidemment il s'en rappelle.
Bref, j'ai super honte mais c'est pas grave, j'ai vraiment un problème du point de vue de l'amour propre c'est clair, nous y reviendrons par la suite.
Ce type en question a l'air simple, sympa et bienveillant. Il prend bien soin de me dire qu'il ne me baratine pas, malgré le fait que plusieurs personnes m'aient prévenue à son sujet. Il sera même qualifié de "snipper pro".
On est  d'accord, ça veut bien dire ce que ça veut dire...
Au final, on connaît la suite, prévisible, sans réelle surprise en fait. Un altruiste hédoniste, dans toute sa splendeur, et voilà!
Un altruiste hédoniste, pas très très honnête si tu veux mon avis. Le genre d'altruiste qui te donne envie de  le mépriser pour des siècles et des siècles Amen.

T'as la catégorie Altruiste hédoniste qui t'annonce la couleur illico presto, au moins, tu sais à quoi t'en tenir.
Le type, il est pas là pour te conter fleurette, il ne le fera pas, c'est à prendre ou à laisser.
Et puis, t'as la catégorie de ceux qui te font croire que, non non, ils ne jouent pas sur plusieurs tableaux! Non mais pourquoi faire, puisque tu es tellement exhaustive! Non! Aucune raison de t'inquiéter! Ils se la jouent grand seigneur, t'expliquant même à quel point ils sont sincères, qu'ils "assument toujours, même quand ça n'est pas facile" (cette phrase n'est évidemment pas de moi); grotesque!
Cet affreux, un soir, doit te rappeler, puis finalement, bah, il rappelle plus jamais.

Alors bon quand même, au bout de dix jours, tu te poses des questions, tu t'interroges, tu demandes une explication. Que tu n'auras jamais non plus.
Pour tout te dire, je ne suis pas en colère contre lui, mais contre moi.
Je n'aurais jamais du me rabaisser à quémander cette explication, parce-que des raisons, il doit y en avoir dix mille, et en fait j'ai même pas envie de les connaître.
En fait, je m'enfous littéralement.
En fait, tout ce que je vois dans cette histoire c'est ce manque d'amour propre que j'ai eu et ça me met hors de moi.
Valérie m'a passé un savon, et je lui en suis bien reconnaissante.
Les amies ne sont pas là que pour vous encenser, se faire remettre les pendules à l'heure, ça fait pas de mal de temps à autre.
Sur le moment, j'ai franchement eu les boules. Elle n'a pas vu les larmes qui perlaient sur mes joues derrière mes lunettes noires.
Ces larmes qui roulaient comme pour me dire toute la déception que j'avais encore une fois de moi, de me perdre, et de faire toujours et encore tellement de mauvais choix, qui ne m'apportent rien de plus si ce n'est de la peine.
Je sais qu'en raccrochant, elle a eu mal au cœur, mais moi, je suis heureuse qu'elle ait joué ce rôle.

Julie, a elle, été plus diplomate, évidemment, elle l'a traité de joli cœur, j'ai trouvé ça plutôt mignon, et ce que j'ai trouvé pas con, c'est ce qu'elle a par la suite mis en exergue. Le fait que je me tourne toujours vers le même type de totos et que j'ai toujours la même attitude débile et indigne de moi.

Et puis, c'est May, qui a eu le mot de la fin en me disant que tant que je n'aurais pas compris qu'un homme ne fera jamais mon bonheur, et que je dois apprendre à vivre heureuse sans, je n'avancerai pas. Que je n'étais pas prête.

Toute à leur manière, elles ont raison. Je ne suis pas prête, y a ce regard langoureux qui parfois encore me hante, il y a Cette fossette sur sa joue qu'on ne peut déceler que lorsqu'il éclate de rire. Y a cette peau toute douce de son cou que je sens encore parfois sur le bout de mes doigts. Non, je ne suis pas prête.
Alors tu sais quoi, je vais les écouter, comme je les écoute toujours avec grand soin.

Je vais lâcher mon téléphone, et toutes ces applications débiles. 
Va falloir que j'accepte d'être seule, va falloir que j'apprenne à m'aimer pas que physiquement, pas que virtuellement parce-qu'on sait bien que c'est pas ça la vie.
On sait bien que je me perds une fois de plus, plus que je ne me trouve.

Va falloir en passer des moments authentiques avec des gens sincères et simples, cette fois.
Va plus falloir parler de tout ça parce-que ça ne sert à rien, cette fossette ne m'appartient plus.

Va falloir que je vive, juste vivre, faire les choses avec beaucoup, beaucoup d'amour...
Va falloir que j'apprenne à sourire, à sourire comme ça, pas parce-qu'il y a une photo.
Va falloir que j'en ai envie aussi.

Et puis peut-être qu'un jour, au détour d'une rue, d'un commerce, d'un café, j'aurais envie de demander à quelqu'un de sortir avec moi. Et là pas pareil, mes jambes vacilleront,  ma bouche sera sèche, mes pupilles dilatées, mon cœur palpitant, et là  j'aurai de nouveau quinze ans.



mercredi 6 juillet 2016

True Romance (To Jojo)

"Oh my love
what are we doing here
This little heart
Racing through the gates
Lighting up my cigarettes and counting out the change in our pockets
Tell me love
Will we ever know ourselves?" True Romance The Citizens

Lorsque j'ai entendu cette chanson pour la première fois, c'était dans ma 206 pourrie, il y a 3 ans jour pour jour; c'était la veille de mon mariage jour pour jour, nous venions de prendre des tapas et des bières au Kostaldea, avec Audrey, François et mon amour pour toujours de Jojo. et il m'a fait écouté cette chanson. Et j'ai su à cet instant que j'aimerais cette chanson, malgré tout, malgré tout ce qui pourrait se passer. J'aimerais cette chanson parce-que c'était moi.
 J'aimerais cette chanson comme j'aimerais Jojo. Pour la vie, sans doute.

Jojo, je l'ai connu, un 1er septembre 2009, j'avais une robe multicolore dégueulasse, perchée sur des compensées que j'avais achetées avec Valoche aux soldes précédentes, un bon choix, un coup sûr, un petit dégradé ridicule, et surtout un bronzage à faire pâlir d'envie toutes les nouvelles collègues arrivant de Bretagne et du Sud-Est d'ailleurs (einh Elo!)
Et ce matin de Septembre 2009, où j'ai su ce que briller les yeux d'un garçon voulait dire...
"T'es prof à Matisse?"
"Ouais" (l'air crâneur, je sais tout, j'ai tout vu)
"Je suis prof principal, je l'ai jamais fait, j'ai peur"
"T'inquiète, je suis rodée, j'ai une une fiche toute prête, je te la photocopie" (l'air sacrément fier)
"Ah ouais, tu ferais ça?"
"Carrément, tout ce que t'as à faire, c'est discuter sur rien, je le sais, faut rien laisser passer" (l'air moins fier #jemesuisfaitebaladerpendant2ans #jexperimenteunnouveautruc)

Je ne vais pas te mentir, c'est au fil de cette conversation toute à fait ridicule que nous sommes tombés fous amoureux l'un de l'autre.
Et je me dis souvent, que si Jojo avait été là, jamais je n'aurais été si malheureuse, parce-que lui sait m'aimer comme personne ne m'aimera jamais.
Et que si Jojo avait été là, rien de tout ça ne saurait arrivé, parce-que son amour se substituait à l'amour du goujat, et qu'il avait la paix, parce-que-j'étais comblée.
 Quand je passais devant la salle de maths, j'étais Miss Monde. Son sourire s'illuminait, et le mien aussi, par la même occasion.
On savait bien, l'un comme l'autre, que je n'aimais pas les hommes, à part le goujat. Et lui.
Et chaque moment passé avec lui est juste une bouffée d'oxygène d'oser être soi même, d'être princesse, d'être bourrée, d'être princesse bourrée, de croire s'être fait voler ses chaussures à talons préférées et de dire "mais c'est pas grave, c'était la meilleure soirée de ma vie" et de renaître de ses cendres comme par magie.

Toujours est-il qu’après l'écoute de cette chanson absolument fabuleuse, j'ai voulu de la romance;
Ouais, coûte que coûte aujourd'hui je veux de la romance.
Je ne veux pas de ce type qui a l'enivrance du champagne, qui t’écrit des textos tous les jours, te fait des belles phrases. Et se révèle avoir la consistance d'un doliprane, effervescent, plus de bulles, plus de tête qui tourne...Plus rien, sans explication, comme ça.
Non, moi, je veux de la romance.
Je veux être magnétisée. Du magnétisme comme avec ce type avec ses dread et ses tatouages.
Je veux être magnétisée à n'y rien comprendre. Comme avec ce type à dread et à tatouages.
Ouais je veux de la romance, comme avec ce grand con qui n'a rien à me promettre, mais qui me fait bien rire, pas si mal au final...
Je veux rire, je veux oublier ce qui me pèse, et je veux rire encore et encore, je veux creuser mes deux petites parenthèses enchantées au coin des lèvres, que j'affectionne tant.
Ces deux petites parenthèses qui me disent régulièrement: "tu as vécu le pire mais souris, ris, c'est pas si grave".

Ouais je veux de la romance, comme avec ce surfeur, léger et drôle, je veux de la romance.
Je veux de la romance autour d'un mojito au Ventilo avec ce surfeur léger et drôle, qui me fait marrer, et passer de bonnes soirées.

Je veux de la romance, avec cet amoureux parisien transi, qui m'a, comme je l'ai précédemment dit, écrit le plus beau mail qu'on puisse écrire à son amoureuse pas réciproque, et qui ne manque jamais un anniversaire.
Ouais, je veux de la romance et je ne veux plus jamais voir son regard ténébreux à lui, je veux de la romance avec tout sauf un regard noir et langoureux.
Je ne veux plus voir d'yeux noirs, je veux des yeux malicieux.
Ouais je veux de la romance, je veux une voix plus forte que la mienne.
Ouais, je veux de la romance, je veux des épaules plus fortes que les miennes...
Ouais je veux de la romance, mais qui soit véritable et non pas passagère.
Je veux de la romance au soleil avec un type, qui me verra comme la femme que je suis.
Un type qui aura les épaules suffisamment larges pour poser à la consigne, toutes les valises, que je me traîne, et qui me considérera, moi, seule.
Ouais je veux de la romance.

Je veux qu'on me regarde avec les yeux de Jojo. Mais je crois que c'est trop demandé en fait. Seul Jojo saura toujours qui je suis, et ce que je vaux. Il ne peut en être autrement, et c'est sans doute ce qui forge l'intensité de notre amour.
 .
Ouais je veux de la romance, et en vérité, je ne sais pas à qui je parle mais si tu savais comme je compte sur l'été...
"J'fais un vœoeu le feu d'un duel au soleil
Je rêve d'un duel avec toi
En haut d'la falaise tu viendras
Provoc et duel avec toi
Me donner la fièvre au soleil
En haut de la falaise rebelle
Je veux un duel avec toi

Duel au soleil contre moi
Duel contre moi. Duel au soleil. Etienne Daho

dimanche 26 juin 2016

I'm a man now

"I'm a man now
Yes I've got iT!
I'm a man now
And there's nothing you can do
To make me change my mind
I'm a man now" Christine And The Queens

J'ai pas eu le choix, à vrai dire. Ces derniers mois, cette dernière année, à lever ma tête et surtout à la garder bien haute, ont fait de moi un homme.
Je le vois bien, je me rends bien à l'évidence, que je ne suis plus la même.
Je vois bien, que j'ai un rapport étrange aux autres.
Je vois bien que j'irais volontiers chercher la lune, pour ceux, celles que j'aime d'amour, pour toujours.
Mais pour les autres... Je le vois bien que je ne suis prête à aucune concession, que j'ai pas envie de m’embarrasser avec le moindre détail. Plus rien ne me touche, à part lui, encore parfois.
Je vois bien qu'aujourd'hui, je suis un homme.

Je suis partie, de ce lieu, trop grand pour moi. Ce lieu trop grand, trop mort, trop moi, trop nous, où souvent, j'avais la sensation, d'errer et de survivre plus que de vivre en réalité.
Je nous voyais, ce premier soir, regarder la télé allongés à même le sol.
Ce soir là, on s'était fait la promesse de vivre heureux ensemble, on en revenait pas d'avoir un chez nous à nous. On en revenait pas d'avoir tant bâti en si peu de temps, et pourtant.
Puis, souvent, je revoyais ces nuits sans sommeil et ces repas sans nourriture à faire semblant, à donner le change parce-que je devais avancer, parce-que j'étais pas seule dans l'histoire.
Bref, j'ai quitté ce lieu, qui me donne le vertige, chaque fois que je retourne y récupérer des affaires.

C'est drôle, j'ai l'impression d'être partie sur un coup de tête, comme ça, sans réfléchir.
Alors qu'en fait, ce projet a été préparé des mois durant, et qu'en vérité, j'étais terrassée par la peur de cette échéance.
J'ai reculé la date de mon emménagement comme pour reculer la date d'une irréversible séparation.
C'était une nouvelle étape de plus à franchir, on est d'accord et je l'ai franchi comme un homme.

Seulement, les premières nuits, j'ai pleuré, j'ai tellement pleuré. J'aurais du être la plus heureuse du monde, je sais. Tu dois te dire que je suis franchement pénible, que je ne sais pas ce que je veux, pas faux.
J'ai pleuré d'être seule, j'ai pleuré d'être déboussolée, et perdue et j'ai pleuré de n'avoir plus mon père pour tout diriger.
Pourtant, toute ma famille était là, mes amis, une fois de plus, tout s'est réalisé en douceur pour que je dépasse cette épreuve avec brio et grâce à beaucoup d'amour évidemment.
Mais moi, c'est mon père que je voulais à ce moment là. Comme pour me rappeler à ce moment qu'il allait falloir inspirer un grand coup, assumer et être adulte.
Ils ont fait de moi une adulte, ils ont fait de moi un homme.

J'ai appris à poser toutes les suspensions, j'ai bien failli m'électrocuter en posant ma plaque à induction.
Ah bon? Quand on fait de l'électricité, faut couper le courant? Tonton Patou me l'avait dit, je sais pas, j'ai oublié! ça m'est revenu lorsqu'au moment de brancher le dernier truc, ça a fait des étincelles, oh bordel!
En attendant, je te raconte pas le sentiment d'être arrivée dès que j'allumais la lumière après avoir effectué mes branchements. Je me sentais limite prête à conquérir le monde.
Pareil dès que j’eus terminé de monter des meubles, mais bon, ça, je savais déjà faire.
La semaine prochaine, je fais des trous dans le mur pour poser le miroir. J'en fais déjà des insomnies,
 laisse tomber; No way! La taille du foret, la longueur de la cheville, mortel le truc.
Ce que j'essaye de me dire, c'est qu'en fait, je n'ai pas besoin d'un mec. Parce-qu'ils ont fait de moi un homme, et pas que pour bricoler.
Et qu'aujourd'hui, je suis heureuse ou alors je le deviens, dans ma maison de Barbie.
Entrer dans un nouvel espace, c'est comme rencontrer une nouvelle personne.
Parfois, on croit que l'on ne va pas s'y habituer, qu'on ne l'aimera jamais comme la personne, l'espace d'avant.
Mais au final, n'est-ce pas simplement une question d'adaptation? On marche sur des oeufs, on avance à tâtons et puis l'on finit par s'apprivoiser tranquillement, doucement, mais sûrement.
On y trouve des tas d'avantages, en évitant de comparer ou d'être nostalgique, parce-qu'on se doit d'avancer.
Et aujourd'hui, je dois avouer que je commence à m'y plaire, je commence à m'y reconnaitre, à y apercevoir le type que je suis devenue.
Et j'ai tellement hâte de passer des soirées d'été avec mes amies, à siroter du Tariquet aux lumières de la guirlande que je vais pas tarder à poser, à respirer les effluves de menthe de mon jardin aromatique. Et de lancer à mes hôtes: "Mojito???"
J'ai tellement hâte qu'elles soient là, à s'extasier devant la moindre pièce, en prenant bien soin d'en faire des tonnes, comme pour me persuader que grâce à tout ça, je vais être heureuse maintenant, qu'après tout ça, j'ai le droit d'être heureuse maintenant.
Je dis ça en connaissance de cause puisque c'est exactement ce qu'ont fait Yannick et Nathalie lorsqu'ils sont venus. Et de constater qu'ils avaient l'air de se sentir bien chez-moi, m'a donné envie de me sentir bien aussi.

Et j'ai hâte d'entendre encore les éclats de rire de mes fils, qui jouent ou qui font trempette dans la micro piscine qu'on a achetée mercredi dernier.
J'ai hâte de passer d'autres soirées seules comme ce weekend à regarder des replay de Girls en buvant du gaspasho dans le bol horrible que Valérie m'avait ramené du ski. Ce bol est immonde, il est bleu turquoise avec un lapin qui skie et forcément il y a marqué Audrey en gros dessus en rouge. Mais, je
l'adore.

Et j'ai hâte de passer des soirées d'amoureux aussi. J'ai dit que je n'avais pas besoin d'un mec, mais si, en fait, j'en ai besoin d'un. J'en ai besoin d'un qui me rassure souvent, pour ne pas dire tout le temps.

Je vois bien que je ne serais prête à aucune concession. J'en ai trop fait, pour toute une vie, peut-être.
J'en ai besoin d'un qui me trouve sensationnelle mais un peu chiante, j'en ai besoin d'un qui m'encercle avec ses bras parce-qu'il a les épaules larges. Parce-qu'il a les épaules suffisamment larges pour être plus un homme que moi, et faire ressortir en moi tout ce qu'il y a de plus féminin.
Et on sait bien que la féminité ne se résume pas seulement à des cheveux longs, du rouge à lèvres et une paire de créoles. On sait bien que c'est tout un concept et que j'ai encore tant à apprendre là dessus.
Mais rassurez vous la hotline mise en place par mon amie julie et consœurs y travaille.
J'ai besoin d'un homme, qui serait bien plus fort que moi, et pas que physiquement. Et surtout j'aurais besoin qu'il ait des grands yeux marrons avec un peu de vert dedans dans lesquels je parviendrai à lire toute la vérité du monde. C'est tout ce que je demande.
Et si c'est pas celui là, je me résignerai à être cet homme.





vendredi 18 mars 2016

L'acide

"Si je prie et si j'écris, si je vis comme on parie, si j'écrase mon cœur vide, pour en extraire l'acide, si je pleure et si j'implore, le ciel, la vie ou la mort, si je meurs et si je mords, alors j'y pense encore." Rose
Tu sais, cette semaine, j'ai pleuré, j'ai beaucoup pleuré même.
J'ai trouvé le temps long, en vérité, je trouve toujours le temps long depuis que ma vie est un champ de ruines.
Ça me rappelle un devoir de philo. C'était ma matière préférée en terminale, j'ai même hésité entre la fac de sports et la philo, c'est pas tout à fait la même chose quand même.
Le sujet c'était "qu'est-ce que le bonheur?". J'avais à 17 ans déjà mon avis sur la question, tu t'en doutes.
Je me souviens avoir écrit une phrase qui avait beaucoup plu à la prof. Je disais que le bonheur c'était quand le temps passait trop vite. On les a tous vécu ces moments, qu'on voudrait capturer, qu'on voudrait faire durer toute la vie. Ces moments où tout est joie, sérénité, pleinitude, j'en passe et des meilleures.
Seulement depuis plusieurs mois, le facteur temps est véritablement source d'angoisse.
Pour être honnête, je donnerais tout l'or du monde pour être projetée dans quelques mois, voire même dans quelques années.
Je donnerais tout pour ne plus être civilement la femme de mais être moi, pour ne plus porter ce nom qui n'est plus le mien, et qui me rappelle constamment tout ce qui s'est passé.
Ce nom qui en langue basque signifie "monde noir", tu m'étonnes. J'étais prédisposée à vivre une période noire, on dirait. J'aurais mieux fait de choisir quelqu'un qui s'appelle petit nuage rose, ou youpi tralala, je sais pas moi, je blague, je vanne histoire de ne pas pleurer une fois de plus.
D'ailleurs en parlant de tout ça, j'en ai encore appris de bien belles cette semaine. De bien belles qui m'ont encore coûté des larmes, que je ne pensais plus avoir, comme quoi, on est toujours surpris de ses ressources.
A chialer comme une madeleine. C'est un fait.
De bien belles, des pas jolies, comme on en fait peu, tiens. De très très moches qui m'interrogent encore sur les sept dernières années que je viens de passer aux côtés du vilain, de l'immonde, du goujat.
J'ai versé des larmes de chagrin, de désespoir, de tristesse, mais aujourd'hui ce sont les larmes de haine et de rage qui coulent.
"Dis lui que t'es désolé, t'as du te gourer de trottoir, t'as du te tromper d'histoire quand tu l'as rencontré." Renaud
Je passe du coq à l'âne mais justement le sujet du bac de philo, je m'en souviens encore, c'était: "Peut-on se mentir à soi même?"
Thèse, antithèse, oui, non mais quand même. Par contre, pour mentir aux autres, j'en connais un qui excelle en la matière.
Je pensais avoir traversé le pire et c'est encore un énorme coup de massue qui s'abat sur ma petite tête.
Je me demande parfois ce que j'ai fait pour mériter tout ça et pour en arriver là. Ce que j'en dis, c'est que dans une vie antérieure, j'ai du être une sacrée salope. Comme quoi tout se paye.

Je ne sais pas ce que tu en penses mais pour moi, y a plusieurs sortes de mensonges.
Y a les petits mensonges de la vie quotidienne. Oh oui, j'ai maigri sans rien faire, c'est ma nature d'être fine ( je ne mange pas depuis 3 semaines).
Oui oui j'ai envoyé le papier pour l'assurance ( mince, je ne sais même pas où il est ce foutu papier).
Je suis sûre qu'il va t'appeler ( il en a rien a foutre de toi mais dans le doute on sait jamais).
Qui c'est qu'a mangé tout le nutella? C'est xavier! ( bon c'est moi, j'ai eu une pulsion)
Et puis il y a les mensonges qui te brisent une personne.
Je me demande comment on peut faire pour mentir en regardant la personne en face, en lui disant qu'elle est folle, hystérique, qu'elle est malade mentale.
Je me demande comment on est dans ses bottes lorsqu'on se comporte ainsi.

Moi, je me qualifierais de petite joueuse en la matière, une menteuse de la vie quotidienne.

Une petite menteuse de bricoles à deux francs six sous. Je ne pourrais pas tricher avec mes amies, par exemple, j'ai besoin de leur dire la vérité, déjà pour être conseillée correctement, mais surtout parce-que je sais qu'elles m'aiment ainsi, totalement farfelue, incohérente et ingérable.

Mais lui, l'immonde, le goujat, vraiment je me demande comment il fait pour mentir à tout le monde, se ment-il à lui même aussi?
Pour tout te dire, je n'ai même plus envie de savoir ou de comprendre. Je ne comprendrai jamais comment on peut s'enliser dans le mensonge, à en faire crever de rage, la personne en face.
Je pensais mériter du respect, et encore plus de l'honnêteté, la vérité crue même pourquoi pas.
Mais là encore, c'est trop demandé.

Faut croire que je ne suis pas assez bien pour ça. Mon 6ème sens m'amène à extorquer les informations, les débusquer, et réaliser que passer sa vie avec l'immonde, le goujat n'est que mensonge, mascarade, et entourloupes.
Alors évidemment, certains diront, bon ça va, c'est terminé, ça arrive partout ce genre d'histoires, faut passer à autre chose, allez, oublie.
Oublier? Mais jamais? T'as idée du traumatisme? Viens un peu dans ma tête, tu vas pas être déçu du voyage, je te promets.

Ce qu'on oublie de mentionner dans ce genre d'histoires, c'est la souffrance, l'amertume qui s'en dégagent et qui vous transforment à tout jamais.
Et question bobards, je crois que j'ai épuisé le stock là. Le prochain qui me ment, je le crève. J'en suis là et c'est pas normal, bordel.
T'imagine le truc, si mes fils me mentent, je suis capable de les priver de pom'potes et de pépitos pendant 6 mois pour le coup.

Alors tu vois, j'ai été excédée comme je crois que je ne l'avais encore jamais été de ma triste vie.
Et j'ai fait un truc que je n'avais jamais fait de ma vie, je l'ai bloqué. Je l'ai rayé. Je ne veux plus jamais lui parler ou même le voir. Et je ne m'en porte pas plus mal.
Comment peut on autant ramener sa fraise lorsqu'on est vilain à ce point là? Franchement, j'en ris toute seule. Là au moins, j'entends plus rien.

Je vais continuer de trouver le temps long un moment, j'en ai bien peur.
Je commence à avoir doucement moins de scrupules. Je commence à rêver d'une autre vie, d'un nouveau départ.
Et maintenant que je sais que c'est possible, ça me donne des ailes.
Alors quoi, je vais continuer de faire ce que je peux. Je vais continuer de courir des heures pour me délester de ma haine.
Je vais continuer de poster des photos de ma vie de rêve, de la vie que je m'invente, pour donner le change.
Personne ne poste des photos de lui, les yeux bouffis et la morve au nez, pas très glamour, on est d'accord.
Certains doivent se dire, non mais mate moi ça, elle se rêve la meuf. Elle s'aime.
Eh dis donc, oui je m'aime et personne d'autre ne le fera pour moi. Je vais continuer parce-que, ça va sans doute chercher loin, mais c'est une manière pour moi de rester digne. De lever la tête et de toujours la garder bien haute surtout.


Et surtout, surtout : "Je meurs à l'instant, si l'envie me reprend de remettre ma tête dans la gueule du serpent, de me laisser encore crucifier le cœur pour un joli sourire..." Saez