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samedi 28 avril 2018

Mon lino

"Non je ne veux plus jamais travailler
Plutôt crever
Non je n'irai plus jamais au supermarché
Plutôt crever

Non mais laissez-moi
Non mais laissez-moi
Manger ma banane

Non mais laissez-moi
Non mais laissez-moi
Manger ma banane tout nu sur la plage" Philippe Katerine


C'est la chanson préférée de ton frère c'est vrai, mais j'ai trouvé que c'est celle qui te résumait le mieux.
Je ne sais pas quel ado, quel adulte tu vas devenir, mais ce dont je suis certaine, c'est que tu vas me combler, mon amour. Je sais aussi qu’avec ton tempérament, tu vas tout autant me pousser à bout, et me désarmer l'air De rien à coups de grands sourires et de minauderies. Je me fais berner à chaque fois...

Je t'ai tellement voulu, je t'ai tellement désiré mon amour. Tellement que tu étais à peine dans mon ventre que j'avais déjà grillé trois tests de grossesse.

Négatifs forcément, mais moi, je le savais déjà que tu étais là.
Je voudrais te dire tant de choses que tu ne devrais jamais savoir.

Je voudrais te dire, surtout que dans mes pires, mes plus sombres heures, où je serais bien allée faire un tour de l'autre côté de la barrière. Où la vie m'était tellement insupportable, que je serais bien partie faire une bise à ton grand père, mais y avait un truc plus fort, un truc bien plus fort et ce truc c'était toi, c'était lui. L'envie de vous connaître, le désir de savoir quels hommes vous seriez, ça a dévasté, ça a exterminé mes envies d'aller voir ailleurs.

Tu sais, mon amour, dès le début entre nous, ça a été tumultueux, y a eu les nausées, les coups de pieds, les coups de pelles, j'ai peut-être pas besoin de te le rappeler, c'est vrai t'étais là, bien niché au fond de moi, t'as tout vécu en direct.
A vrai dire, je me serais bien défoncée, shootée, enivrée, prostituée même,  pour lui faire mal, encore plus fort.
 Mais tu étais là, mon amour, alors j'ai appris à respirer pour toi, mon amour, j'ai appris à méditer ouais, et tous les deux, on a trouvé, on a fait la paix.
Tu ne pouvais pas te pointer un autre soir que le samedi des fêtes de Bayonne.
Faut dire, je t'avais tendu des perches, en faisant du toboggan durant des heures l'avant veille de ton arrivée, et en poussant le vice jusqu'à aller me pavaner à la fête, le ventre prêt à exploser.
T'es arrivé en fanfare dans la nuit tel un festayre rentrerait chez lui se reposer après un dur moment de festivités.
Quand je t'ai vu, j'avoue que j'ai été surprise, pas déçue, mais étonnée que tu ne ressembles pas comme deux gouttes d'eau à ton frère.
J'ai même failli dire à la sage femme, "mais dites donc, c'est pas ça que j'avais commandé"! 
Au lieu de ça, je lui ai un peu raconté le contexte dans lequel t'arrivais mon amour, sans vraiment réaliser, que c'était la bourrasque, la tempête, et l'ouragan.

Je 
me souviens que tu avais deux grandes billes noires à la place des yeux.

Et c'est terrible mais je n'arrive jamais à être fâchée après toi plus de trois secondes, c'est terrible. Tu n'as qu'à me scruter avec ton regard noir pour que je retourne ma veste. 
Ce regard je le connais, mon Lino, je le connais, c'est le même que celui qui m'avait dévastée, il y a dix ans. 
Ces grands yeux noirs, ténébreux, qui semblent te toiser, puis te promettent le monde entier l'espace d'après, ce regard pour lequel j'aurais pu donner tout ce que j'avais.
T'es son portrait craché, mon bébé, je devrais dire quoi? J'en suis ravie, il était si beau, quand je l'aimais, si tu savais. Sauf que lui j'ai cessé de l'aimer, il s'est défait alors que toi jamais je ne cesserai de t"aimer.

Et ça tu le sais, mon petit chat, t'es dingue, t'es fou, et je ne sais pas bien comment je vais faire pour te maîtriser.
Du haut de tes deux ans et demi, c'est toi, qui as déjà compris comment me maîtriser.
Comme pour ton frère, parfois, je t'observe et je me demande encore comment j'ai fait pour fabriquer un phénomène pareil.
Sans doute, que toutes les mamans du monde entier se disent cette même chose, mais quand même avec toi, y a du level.
Dès que je me fâche ou que je hausse le ton, tu me regardes d'un air désespéré, et me crie :"un câlin, Maman, un câlin".
Faites que toutes les situations les plus délicates se désamorcent avec un câlin, et qu'on en parle plus.
T'es arrivé, mon amour, à un moment où je manquais cruellement d'amour, mon amour, j'en crève encore tellement j'en voudrais, mais toi, toi tu me combles.
Si on m'avait dit que je me marrerai autant avec des mioches, je l'aurais pas cru.
Mes mouflets, parce que les nains, ça a jamais trop été ma tasse de thé!
je pensais pas qu'on pourrait autant rigoler. Je pensais même que je serais super rigide, ouais ok, on remballe!

Mon amour, tu sais, les premières fois, où je passais mes vacances seule avec vous, m'angoissait. Tu sais, mon Lino, la vilaine, le goujat, ils m'ont volé ta première année et j'en suis tellement désolée.
Tu sais à ma décharge, et même si je me souviens de rien, je me rappelle juste que je t'ai aimé. Et on me rendra jamais tout ça, on me rendra pas ton premier éclat de rire, ta première dent ou ta première purée, mais je graverai tout le reste.

ET qu'est ce qu'on se marre, avec toi, et avec lui, j'ai envie de foot et de têtes, de pêche aux crabes, j'ai envie de saltos du grand plongeoir de la piscine, j'ai envie de gaufres et de spaghettis bolo, où vous vous en foutez partout, j'ai envie que vous dessiniez sur le murs... Ah! On me souffle dans l'oreillette que c'est déjà fait. J'ai envie que vous fassiez des ventriglisses dans des flaques de boue et que je râle un peu fort juste pour la forme, puis que j'éclate de rire avec vous.
Puis, j'ai envie de cacas boudins hurlés aux passants,  de grosses boîtes dans les vagues, de churros bien gras, puis de voyages partout dans le monde, quand vous serez plus grands.
J'ai pas de mec, vous serez mes mectons sûrs, pas d'embrouilles, pas de plans pourris.

Tu sais, mon amour, j'aime pas vraiment la femme que je suis, je trouve que je me fais pas assez respecter, que je suis minable même, je trouve qu'on profite de ma gentillesse, et de mes faiblesses, je trouve pas ça club,Sur le papier, je sais bien que c'est sympa, mais y a qu'à gratter pour qu'ils se barrent tous en courant ma parole.

Mais j'aime la maman que je suis. Je sais bien que si Supernanny trainait dans les parages, elle hallucinerait, sans doute mais qu'est ce qu'on rigole.
Je sais qu'il suffit que ton oeil noir frise, qu'il suffit que tu te dandines en minaudant, pour que je revois mon autorité à la baisse, en fondant d'amour et tout court, et ça tu l'as déjà bien pigé, futé que tu es.
C'est grave? Ce qui serait grave c'est que tu cesses de me câliner, mon amour. 
Depuis toujours, t'es mon bébé koala, tu es tellement souvent pendu à mon cou et tu me combles, mon amour.
L'autre jour, du haut de ton tout petit âge, tu m'as lancé "tu es belle , Mamon, t'es ma mèèèère". Je dois faire quoi moi, à part défaillir.
Puis le lendemain, c'était "laisse moi tranquille, j'ai pas envie". Ah bon? C'est déjà l'adolescence, fichtre c'est un peu tôt mon bichon non?
Alors c'est pas si grave, einh, s'il y en a pas un qui soit foutu d'être à la hauteur, puisque je t'ai toi, puisque je l'ai lui.
Tu sais, vous avez du bol d'être ensemble, votre complicité, elle me fait mourir, aussi, mourir de bonheur, elle me rend ivre de vos sourires, vos petites fossettes, les mêmes que celles qui m'avaient tant plu dans une autre vie.
Y a pas un jour qui passe sans que vous ne serriez pas fort fort dans les bras l'un de l'autre et je meurs. Puis parfois, souvent, vous vous battez, je m'énerve, je crie, je me fâche, et vous partez vite main dans la main vous réfugier dans votre chambre, je meurs, je souris, et comme d'habitude, je reste fâchée 26 secondes, c'est terrible.
J'aime pas trop la femme que je suis. 
Mais vous fabriquer, vous rencontrer, vous aimer, vous accompagner à devenir des types chouettes, c'est ce qui me permet d'avoir un peu de douceur, de bienveillance à mon égard. Parce qu'être votre maman, c'est le truc que je préfère, même si souvent je suis à côté de la plaque, que je vous fais peur dans le parking, ou que je fais semblant d'avoir oublié de vous faire à manger. 

Alors quoi mon Lino, je sais aujourd'hui que tu as été ma chance, tu seras toujours mon occasion, mon opportunité de voir la vie avec légèreté et humour, t'es si drôle. 
Et tu verras mon amour, tu verras qu'on a pas fini de rire, j'ai trop pleuré, alors maintenant, on continuera de se marrer, tant que je t'aurais agrippé tout contre moi, puis même après.
Reste juste je m'enfoutiste, promets moi d'être toujours aussi a l'aise, et sûr de toi, et on aura jamais peur de rien.



mercredi 7 mars 2018

Ciao Adios

"Tu m'as laissée seule, Moi j'me suis stationnée sur ton épaule, J'roule en sens interdit, j'ai pas l'permis d'ton coeur (...)
Tu peux me faire ou me défaire, fais moi la vie dure si t'es un homme, j'aimerais te plaire, tellement te plaire (...)
T'es au radar mais j'peux aimer pour deux, j'suis peut-être bizarre mais j'fais au mieux, moi si tu te barres, j'te crève les yeux." Hoshi

Quand j'ai entendu cette chanson, je me suis dit que vraiment j'aurais pu l'écrire tellement ça résume bien mes relations amoureuses, mes relations amoureuses à sens unique einh.
Je me suis dit, souvent même, qu'il y a eu un gros raté.

En fait, je crois bien que j'ai tellement pas été la princesse de mon papa, comme toutes les autres, que je suis tout sauf une princesse. En réalité, je suis une espèce de serpillière, un espèce de truc que les garçons vont se faire un plaisir, inconscient sûrement, de piétiner.
J'ai tellement pas été la princesse de mon papa, que je crois que pour être aimée, il va falloir que je me vende comme un marchand de tapis, va falloir que je me brade.
Et puis forcément, s'il y en a un qui fait vraiment mine de s'intéresser sincèrement à moi, je vais le remballer, non mais pourquoi faire?
Il manquerait plus qu'en plus ce soit simple.
C'est pas si compliqué, s'il y a un enfoiré qui traîne, il est pour moi, gardez le moi, je le prends!
Alors en plus, non, tous les garçons ne sont pas des enfoirés, ce n'est pas vrai, je crois même que c'est moi qui les amène à le devenir, à exprimer leur plus sombre côté.
Pourquoi ce revirement de situation.
Parce-qu'hier, un lecteur a un peu râlé, il m'a un peu reproché le fait de mettre tous les mecs dans le même panier, de tacler, un peu trop facilement, l'ensemble des types qui n'a pas été très correct avec moi.

Et finalement, j'ai trouvé qu'il avait raison. Au départ, je me suis un peu défendue en expliquant gentiment que c'était mon blog, que j'y racontais ce que je voulais et que ça me servait surtout d’exutoire.
Puis ensuite, je me suis dit, qu'à la place de me présenter en victime, il fallait que je vous dise la vérité, je suis une victime coupable!

Je m'explique, non, tous les hommes ne sont pas d'affreux jojos, d'immondes goujats, d'infects salauds.
En réalité, le postulat de départ, c'est que c'est moi qui fais n'importe quoi.
Dès le départ, je vais choisir celui avec qui ça va être compliqué, je choisis celui qui va me faire de la peine à coup sûr.
Je me dis, je vais changer, je vais prendre un gentil.
Y a qu'à voir le résultat avec l'insaisissable et doux.
J'ai vraiment cru que j'avais affaire à un vrai gentil. Je me suis faite berner par ses gestes doux, tendres, et son regard de Bambi.
Mais maintenant que j'y réfléchis plus sérieusement, sans œillère, et sans langue de bois, il se trouve qu'avec moi, ces six derniers mois, il a vraiment pas été gentil.
Et moins, il l'a été, plus je me suis accrochée.

Alors oui, votre honneur, je plaide coupable, je suis coupable de m'accrocher au type, qui ne veut pas de moi, comme une moule s'accrocherait à son rocher.

"Si j'avais le cœur dur comme de la pierre, j'embrasserais tous les garçons de la terre, mais moi j'ai le cœur comme du chewing-gum , tu me goutes et je te colle". Brigitte
Triste réalité, et c'est pas faute d'avoir obtenu des signes alarmants qui signifient bien qu'il faut prendre ses jambes à son cou, et partir loin, très loin.

Mais non, moi je vais faire tout le contraire, je vais insister, essayer, donner une quinzième dernière chance pourvu que le jeune homme ait un déclic, qui bien évidemment, n'arrive jamais.

Y a eu le coup, où le soir de mon anniversaire, il m'a dit dans la nuit au téléphone, qu'il était amoureux de moi, cœur avec les doigts, yeux qui brillent et danse de la joie. 
Puis deux jours plus tard, quand je lui en ai reparlé, il a fait mine de ne pas s'en rappeler et a démenti immédiatement cette grande nouvelle. Humiliation. J'aurais du partir en courant, mais non j'ai décidé d'insister, au cas où.

Y a eu la fois, où pour Noël, alors que j'avais pensé à lui, que je lui avais trouvé un très joli cadeau, il m'a offert en retour des cache-tétons à pompons et à paillettes achetés hâtivement dans le sex-shop, se trouvant sur son trajet retour, histoire de ne pas arriver les mains vides. Humiliation, j'ai ri. Jaune. Peut-être pour éviter de fondre en larmes.

J'ai commencé à comprendre que question considération, j'avais autant d'importance que le néant. Mais je me suis dit, laissons lui donc le bénéfice du doute, il me plait vraiment, et encore plus lorsqu'il me fuit, tu l'auras compris.

Y a eu son anniversaire aussi, où je n'ai pas été invitée, alors que question comité, devait y avoir pas moins de100 invités. Humiliation. J'avoue, j'ai un peu tiqué.
Puis, à posteriori, si l'on y réfléchit bien, je ne connais qu'un de ses copains...

Puis y a eu ces soirées, où il est venu manger, qu'on a passé la soirée ensemble, je te passe les détails et qu'il est rentré dormir chez lui. Humiliation. J'en pleurerais rien que de le aconter tellement je me suis sentie vide et transparente sur le coup mais j'ai choisi d'être honnête, comme pour laisser toutes ces humiliations derrière moi.

Ces soirs là, souvent, j'ai médité pendant de longues minutes et même plus, pour ravaler, bien ravaler, les larmes qui menaçaient de couler.
Puis y a eu l'humiliation de trop, la fois où il m'a dit ne voir personne d'autre, et  ne même pas chercher en plus et que je l'ai grillé sur Tinder.
Insulte suprême, erreur fatale, le doux insaisissable est un menteur, il a menti et ça c'est NO WAY. 
J'ai honte de moi, je me détesterais presque et je m'en veux, je m'en veux tellement mais j'ai choisi de travailler là dessus. Comme je l'ai récemment dit, la kinésio, la méditation, la programmation neuro linguistique, m'auront permis l'acceptation.
Et dernièrement, j'ai demandé, j'ai espéré pouvoir progresser, sur ça, sur cette dépendance au rejet, sur cette habitude de constamment ramasser des coups de pelles sur la tronche.
La kinésio m'a dit, à force de travailler, de méditer, tu vas peut-être y retourner mais va y avoir le coup de pelle de trop, l'irrespect de trop et à partir de là, y aura plus de retour en arrière possible, si c'est le cas, je le crie, je le hurle, je le clame, alléluia mes frères...

C'est clair que j'en ai vu d'autres, mais ce dernier semestre, il m'a rendue malheureuse et c'était de ma faute, parce que j'ai choisi, j'ai accepté de me faire marcher dessus, je me demande même si je ne l'ai pas un peu proposé.
Alors que pourtant c'est tellement facile de se faire respecter, j'y arrive avec tout le monde mais pas là non, fallait vraiment que j'accepte d'ouvrir les yeux. 
On sait bien, on le sait toutes que si un homme nous veut dans sa vie, il nous fera de la place, et il saura se manifester, c'est pas moi qui le dis, c'est Julie.

Voilà, j'ai rétabli un tant soit peu la vérité, tous les hommes ne sont pas des enfoirés, non.
Mais certains vont  clairement profiter de la situation;
J'admets donc que je suis fautive et  j'avoue par la même occasion, que je suis toujours aussi naïve.
Je pensais qu'après ce que j'avais vécu, ça me donnerait l'immunité, que je ne serai plus triste ou malmenée, qu'on devait me bichonner et faire bien attention à moi mais non, certains s'en fichent bien comme de l'an quarante.

Alors oui, je l'ai cherché tout ça, mais vous, là, faites moi plaisir, avant d'agir pour votre plaisir, considérez juste, et pensez bien que vous n'aimeriez pas, non vous détesteriez qu'on traite votre maman, votre sœur, votre fille, comme lui, comme eux l'ont fait.

Et maintenant que j'ai donc exposé la réalité, j'ai décidé de changer de crèmerie, j'ai décidé d'aller jouer dans la cour des grands, tu sais, celle où y a pas de place pour les tout juste trentenaires célibataires .
Allez Adios Ciao, I'm done.






lundi 5 février 2018

Que veux tu

"I can beat the night, I'm not afraid of thunder,
I am full of wonder, I am full of wonder". Emeli Sande

La semaine dernière, je me suis rendue compte que "wonder" en anglais avait deux significations, et j'ai trouvé ça drôle dans le sens où ça reflétait terriblement l'état d'esprit dans lequel je me trouve.

Dans un premier temps, ça signifie, se demander. Et c'est vrai que lorsqu'on se remet constamment en question, on se demande constamment plein de trucs. Moi, je ne me demande plus si je m'en remettrai un jour, parce-que je m'en suis remise, y a des ecchymoses invisibles forcément, des "douleurs qui ne saignent qu'à l'intérieur" comme dirait notre ami Jean-Jacques.
Toujours est-il que je ne me demande plus si j'arriverai à sourir un jour pour éviter de chialer, parce-qu'en réalité si je souris aujourd'hui, c'est de bon cœur, juste pour que ça sourit à l'intérieur, ou pour croiser ton regard surpris, puis souriant, dans la rue, même si je ne te connais pas.

Donc, maintenant mon occupation première, n'est pas de savoir si je m'en remettrai, ou si j'arrêterai de me fâcher et de piquer des crises dévastatrices, paix intérieure, ah te voilà tu es là.
Hier soir, je ne rentrerai pas dans les détails, mais j'aurais pu péter les plombs, fabriquer des poupées vaudou et faire des prières et des incantations, jeter des sorts irréversibles, au lieu de ça j'ai dit, je vais raccrocher avant de passer du côté obscur, puis j'ai médité pendant une heure dans mon lit.

Mon occupation première aujourd'hui, c'est de savoir si la roue va tourner pour de bon.
 Je me demande si j'ai pas le droit au bonheur pour toute la vie désormais.
Je me demande si au lieu de se positionner en victime, c'est pas mieux de se battre pour faire partir l'orage, au lieu d'attendre qu'il parte tout seul.
C'est un dilemme, se battre ou lâcher prise.
Mon occupation première  aujourd'hui, à part me demander ce que je vais manger ce midi, et où est-ce que je vais partir en vacances la prochaine fois, c'est de savoir si un jour je vais être encore plus heureuse qu'aujourd'hui.
L'amour, cherry on the cake!
Je me demande si j'aurais toujours cette immense chance de m'émerveiller, d'être fascinée par le moindre détail, je me souviens une fois  où l'on marchait dans Paris, avec le goujat, je m'arrêtais toutes les trois secondes en lui disant, mais regarde comme c'est beau, c'est magique, j'adore, oh c'est fantastique. Il m'avait remballée en deux temps trois mouvements, bon tu vas pas t'extasier devant tout comme ça, j'avais trouvé ça triste, qu'il trace sans profiter du décor, comme si on était au Super U en train de faire les courses.
Pareil, quand on était allés à Disney tous les deux, j'avais même pas eu le droit de prendre des photos avec Mickey, puis avec Tic et Tac, je m'étais encore une fois faite couper les ailes en plein vol,
rabat-joie.

Donc, j'enchaîne, je sais que mes interrogations existentielles te fatiguent alors passons donc à la  deuxième signification du mot "wonder", merveille, s'émerveiller.
S'affranchir de l'emprise de quelqu'un, s'affranchir de sa dépendance à quelqu'un, c'est se réapproprier soi même. C'est apprendre à vivre, à s'émerveiller tout seul.
Alors des fois, c'est frustrant puisqu'on sait tous, que les bons moments sont faits pour être partagés.
Mais alors quoi, on peut être heureux célibataire, j'en suis la preuve.
Et je sens que tu me vois venir avec mes gros sabots. Je vais te parler d'amour, de relations platoniques, ou pas et même de sexe. Plus accrocheur comme teaser, tu meurs, je sens que cette fois ci tu vas lire jusqu'à la fin.
Une fois, justement, une de mes amies m'a dit que si elle était célibataire, ce qui l'émerveillerait sans doute le plus serait de pouvoir revivre un premier baiser.
Qu'on se le dise, Béatrice est fleur bleue, c'est vraiment le genre de fille qu'on a envie de respecter, déjà, elle ressemble à Pocahontas, mais en plus, je pense que le mot princesse a un peu été inventé pour elle, alors, sur le coup, j'ai dit, oh oui c'est génial un premier baiser. Sauf que j'en ai pas vraiment dit plus sur l'envers du décor.
Sur comment ça se passe en 2018, à notre âge quoi et c'est pas toujours jojo.
Moi aussi, dans le fond, même si j'en chiais.com, j'étais super contente de pouvoir revivre ce genre de choses, parce-qu'on a une petite tendance à rester bloqué sur les first kiss du lycée.

Je me souvenais l'effet que ça m'avait fait d'embrasser Nicolas Lemoine en seconde, il était pas super canon, mais il avait l'air sympa, du coup j'avais envoyé une copine lui demander s'il voulait sortir avec moi.
Il avait dit d'accord, on s'était retrouvés dans les parcs, j'avais mis environ 6h43 avant de lui tenir la main, je te dis pas la trouille que j'avais, j'en menais pas large,  puis quand il m'a embrassée, aller retour sur Mars en fusée, direct, j'étais amoureuse. ( Il m'a larguée deux jours plus tard, parce-qu'il préférait rester avec ses copains à jouer aux jeux vidéos, c'est dire si ma vie sentimentale démarrait bien).

Bref, des baisers aller-retour sur Mars en fusée, aujourd'hui, on peut pas dire qu'il y en ait eu beaucoup.
Déjà, je trouve que les hommes ont une petite tendance à tout faire trop vite, justement un peu de suspense, ça fait pas de mal et c'est ce qui donne envie de revoir la personne.

Je repense à ce type sympa, plutôt mignon, qui s'est dit au bout de deux verres de vin et une soirée sympathique que c'était le moment de se jeter sur moi au moment de se faire la bise, et en l'espace de deux secondes, de se coller contre moi et de me rouler une pelle monumentale.
La démarche m'a pas plu, il sentait la clope, trop brutal, je l'ai pas repoussé par politesse mais c'était franchement gênant. Evidemment quand il a rappelé, j'ai jamais répondu.

 Y a eu celui qui tremblait, celui là j'aurais du m'en méfier, et sur le coup, je l'avais vraiment pas trouvé viril, berk, en plus sa bouche était trop grande.
Alors tu vois ce que je disais, un premier baiser c'est pas toujours le graal, loin de là, ça donne même parfois envie de s'enfuir très loin. Je trouve que ça donne le ton.

Y a peut-être que l'insaisissable qui est parvenu à me faire décoller, mais lui c'était spécial, y avait quand même des petits papillons turquoises et roses, qui passaient par là lorsqu'il m'embrassait.
Je crois que j'étais un peu love quand même parce-que justement, le type avait pris son temps, il m'avait pas brusquée. Bref.
 Y a eu celui qui a cru que parce-qu'on s'embrassait pour se dire au revoir, on allait coucher ensemble dans la continuité, non mais les gars, oh! Minute papillon.
Alors justement parlons en, c'est quoi cette histoire du tout de suite maintenant?
Bon ok, je te l'accorde, ça peut avoir un petit côté excitant, mais vous en avez pas marre de nous faire, tout le temps le même plan? Je vous parle à vous là, la gente masculine.
Y a des moments, j'ai envie de vous casser la gueule, de vous rendre impuissants à tout jamais pour certains, ça vous ferait les pieds tiens. Ah, ça ferait moins les malins.
Moi j'appelle ça le tour de magie le plus consternant du monde.

Ah ça tant qu'on est pas passées à l'action, ça se bouscule au portillon, et vas y que je t'envoie des textos toute la journée, que je m'intéresse à toi, que je suis prévenant, et gentil et mignon et tout et tout.

On se décide, c'est le grand soir, on passe un moment chouette, doux, bref tout ce que tu veux.
Le lendemain, en général, on reçoit un petit texto ou pas, et ensuite silence radio.
Je sais même plus quoi dire face à ce constat. Quand je me suis posée, quand je me suis mariée, je me suis dit adieu les plans pourris, je suis une dame désormais, j'avais envie de hurler "Respect" façon Aretha Franklin, après des années de frustration, et puis voilà, dix ans plus tard, toujours les mêmes histoires débiles.

Ce genre d'histoires où on ose pas s'avouer, que si on a pas de nouvelles, ça veut clairement dire que le type en question s'en moque de toi comme son premier slibard. Ambiance...
 Moi je ne veux pas, je ne veux plus de ça, c'est pas valorisant, je propose qu'on crée même un mouvement pour s'indigner, pour gueuler, pour se rebeller mais que veux tu c'est vieux comme le monde.
C'est comme ces histoires de plans cul.
Ouais c'est mon plan, c'est super, on se voit de temps en temps, on se prend pas la tête, blablabli, blablabla.
Alors cessons tout de suite de nous voiler la face, moi personnellement je ne suis pas d'accord.
Je ne serai jamais suffisamment détachée pour dédramatiser, pour accepter de faire l'amour avec quelqu'un qui se fout de moi, j'aurai toujours beaucoup de peine et de chagrin de m'être donnée, juste pour la déconne, juste pour le fun.
Je suis sans doute trop sentimentale, je ne suis peut-être pas faite pour vivre à cette époque, je sais pas, en tout cas y a un truc qui ne me va pas dans tout ça.
L'acte, en lui même, la première fois qu'on le fait, c'est généralement avec quelqu'un qu'on aime, et qu'on croit qu'on va même aimer toute sa vie, alors pourquoi le banaliser par la suite, et partager son intimité avec n'importe qui. Je ne comprends pas.

Et puis, je me suis récemment fait un weekend à regarder des comédies romantiques américaines et manger du pop-corn et j'assume totalement d'ailleurs.
Et justement, ces histoires ne font qu'étayer mes propos, ce ne sont pas non plus les références du siècle mais peu importe.
Dans Sex Friends, Ashton Kutcher est fou amoureux de Natalie Portman, qui elle ne veut pas tomber amoureuse mais juste baiser. Et parlons de Sexe Entre Amis, je te le donne ne mille, Mila kunis est amoureuse de Justin Timberlake, eh voilaaaaa.
Y en a toujours un qui se fait rouler dans la farine, faut arrêter de s'autoflageller, juste parce-qu'on a envie d'être avec la personne et d'accepter tout et n'importe-quoi! De se brader, stop!

Alors moi, personnellement, je le redis, je veux être "célibataire mais à deux".
Je veux être libre mais attachée à quelqu'un qui fasse attention à moi, qui prenne soin de moi.
Je veux être libre d'être moi même, de faire tout ce que j'ai envie mais d'avoir une épaule sur laquelle m'appuyer, quand je faiblis.
Je veux être libre de vivre ma vie seule mais de pouvoir partager, barouder, crapahuter, ou glander avec quelqu'un qui veut être libre aussi., mais qui veut être libre avec moi, tu saisis la subtilité?
Je veux tout sauf la routine, Je veux quelqu'un qui me fasse de la place, sans que je la prenne forcément.
Je veux quelqu'un surtout qui lorsqu'il m'embrassera m'offrira un aller-retour sur Mars.
Je t'attends le parfait, je t'attends vraiment.et je te chanterai:




lundi 22 janvier 2018

Fallait que ça arrive

"C'est pas la peine de faire semblant
Je sais qu'on n'est pas des géants
Viens on pleure on pissera moins
Comme toujours ça passera
Ça va ça vient ça s'en va
Dans deux ans on en rira toi et moi
Viens j't'emmène au Palladium " Brigitte
Sincèrement, si tu m'avais dit, dans deux ans, on se fendra la poire, je crois que j'aurais pu être violente. J'aurais pu facilement monter dans les aigus, te mettre un coup de boule, te kicker au sol, et fondre en larmes. Ou peut-être hurler ou pleurer, ou les deux en même temps, "mais deux ans, deux ans, t'imagines pas mais c'est troooooop long".
La semaine dernière, dans Psychologies Magazine, car je m'informe (un peu trop même), j'ai lu, donc qu'à la suite d'une séparation, il y avait plusieurs étapes à franchir
La première, c'est le choc accompagné du déni. Tu n'en crois pas tes yeux, tu te dis, comme tu t'es dit les mois précédant la sentence que ça allait forcément s'arranger, sauf que quand ça commence à merder, ça ne s'arrange jamais.
Clairement, le choc encaissé, il est vrai que tu crois tout au fond de toi, que tu pourrais bien en crever, il n'en est rien puisqu'après cette étape vient le sevrage, et là je ne vais pas te faire de dessin, t'as vécu des jours meilleurs quoi.
Vient après cette étape absolument horrible où tu bois des verres de vin à la fenêtre, en attendant que l'amour de ta vie revienne se prosterner à genoux (que tu crois), l'étape magique de la colère.
Alors là, plus rien ne t'arrête, moi durant cette période, j'avais le girl power débordant.  J'aurais pu hurler 100 fois par jour, si ce n'est pas plus, "Who run the world??? Giiiiiiiirls!".
J'ai changé intégralement de garde-robe, trustant mes pantalons de mamie qu'il disait, contre des skinny taille 26, des talons aiguilles, des jupes, des robes, de la dentelle en veux tu en voilà, et je ne te parle même pas de mes photos de profil retouchées pendant 3h40,afin de montrer à l'immonde, à quel point cette rupture m'avait rendue bonnasse les bananas.
Je caricature, je ris de moi même aujourd'hui, mais observez bien sur votre fil d'actualité, les photos soudaines, position lascive, sourire trop beau pour être vrai, crinière parfaite et compagnie de vos contacts féminins et ne jugez point trop hâtivement.
Posez vous la bonne question, ne serait-elle pas désespérée, ne chercherait elle pas à sauver le peu de dignité qu'il lui reste, en misant tout sur le physique puisque l'intérieur est pulvérisé, eh bien si.
Au lieu de vous moquer, non pas que je plaide pour ma cause, mais un peu malgré tout. Ces filles là méritent l'immunité, le bénéfice du doute, soyez patients, ne les blacklistez pas, ne les bâchez pas, elles traversent le désert, ce petit manège va durer deux ans tout au plus, et elles vont calmer leur joie, devenir peut être un peu moins bonnes, mais plus consistantes et moins superficielles.
Je parle de la mutation physique mais la période de la colère englobe pas mal de petites étapes en définitive . Pour peu que tu sois très très fâchée comme je l'ai été, il va y avoir le chantage, les menaces, les yeux exorbités façon exorciste.
 Avec toutes les horreurs que j'ai balancées, je pense que la vilaine doit aisément courber l'échine lorsqu'elle se rend à la ville faire quelques emplettes, l'idée de me croiser doit clairement lui filer de l'eczéma, elle doit en pisser dans son froc tellement je dois lui foutre les miquettes et je m'en félicite.
Bref, tout ça pour dire sur le ton de la rigolade, que l'étape de la colère est dévastatrice et peut durer longtemps. Tu t'interroges, tu te remets en question, tu veux casser la gueule au monde entier, et surtout à l'intéressé, surtout dès qu'il ramène un peu trop sa fraise, comme ce fut trop souvent le cas.
Cette période a été dévastatrice, elle m'a bousillée, j'étais pas très heureuse, c'était pas funky de péter des piles à longueur de temps. Puis j'ai été fatiguée de tout ça. J'ai saoulé tout le monde, en boucle sur le même disque pendant des mois et des mois. Mes amis n'ont jamais eu le culot, l'audace de me dire qu'ils n'en pouvaient plus, et pour finir je me suis saoulée toute seule.

De ce fait, vient alors la période de l'abattement, pour peu que tu rencontres un insaisissable, qui refuse de te donner un peu d'attention, et alors là, c'est le chagrin absolu. La dépression totale, ça dure trois minutes, parce que pour ma part j'ai cette capacité de rebondir et de constamment penser qu'il va se passer quelque chose d'absolument incroyable, n'ayons pas peur des mots. Et cela se révèle véridique. A l'issue de cette période, j'ai su m'accrocher à d'autres choses, au sport notamment, pour m'aider à me sentir mieux, me prouver des trucs, et avancer surtout. Il y avait tout de même de petites rechutes, lorsque mon pauvre petit cœur brisé palpitait à la vue du regard ténébreux du goujat, ou encore en sentant son parfum si particulier pas loin de moi. D'ailleurs parlons en de ce parfum parce qu'aujourd'hui, j'en ris toute seule en réalité. Attention, ce qui suit dans ce billet va être la révélation du siècle.
Virilator porte un parfum de minette. Je m'explique, Virilator s'asperge tellement de parfum, qu'un temps, je le soupçonnais même d'en boire une petite lampée au passage. Bref, je pars pour lui racheter de son élixir, A Men de Mugler, sauf que je me plante de flacon, et j'ai acheté Angel, le parfum de gonzesse, des années 1990, eh bien croyez le ou pas, mais il le porte toujours. Bref tout ça pour dire, que Virilator a perdu de sa superbe, je ne me gène pas pour lui en faire part bien entendu. Ou alors peut-être que ça y est, "un jour, on s'en fout et ça fait du bien". Je l'ai dit bien 50 fois avant que ce soit vrai.
Toujours est-il qu'à coups de séances de méditation, de programmation neuro linguistique, et de temps, beaucoup de temps, la phase de l'acception est arrivée.
Elle est arrivée sans crier garde, et a tamponné, bichonné et  enveloppé dans du papier bulle mon pauvre petit cœur tout abimé. Paix intérieure te voilà. Tout ce qui s'est passé durant ces trois dernières années ne me rendra pas qui j'étais et ce que j'ai perdu, ce que j'y ai laissé. J'ai à la place, fait de belles rencontres, et d'autres minables, j'ai vu mes premières rides apparaître, j'ai donné beaucoup d'amour à mes enfants, et j'ai ri.
Y a deux ans, j'évitais le regard des gens pour qu'ils ne me demandent surtout pas comment ça va. 
Et ce matin, j'ai klaxonné un pote qui passait par là, et il m'a dit "pardon, c'est pas tous les jours qu'on se fait klaxonner pour une panthère!", j'avais mon manteau léopard et sa vanne m'a fait la journée. 
Je savais pas, il y a deux ans, que je pourrais rire pour tout et rien, je savais pas que je pourrais un jour ne plus rien ressentir pour lui, plus rien du tout. Je ne savais pas que je n'aurais plus envie de la frapper elle, mais qu'un jour, je la plaindrais. 
Je ne savais pas, il y a deux ans, que je serais prête. J'ai accepté, j'ai lâché prise et je suis libre.
Et comme par magie, par chance, parce que tout ça ne m'a pas rendue aigrie.... Quand la deception, l'exaspération vient hanter ton esprit, comme ça, c'est ton téléphone qui indique un message, de celui, du parfait que tu as dans le viseur depuis un sacré moment... sur ce bonne soirée.

jeudi 5 octobre 2017

Si j'inversais

"I remember less and less, and mostly things that I regret
In my phone are several texts, from girls I've never met
And in the pocket of my jeans, are only coins and broken dreams
My heart is breaking at the seams
And I'm coming apart now" Bibiya Be Ye Ye. Ed Sheeran


Finalement, tous ces profils divers et variés me fatiguent. On en revient toujours à la même chose en définitive.

Qu'ils soient hédonistes et altruistes, menteurs et indécis, surfeurs et joueurs de guitare, sportifs et narcissiques, doux et insaisissables ou d'affreux goujats, pulvérisateurs de coeur, j'ai pas honte de le dire, tous, je dis bien tous, me quittent.
C'est un fait, globalement, parfaitement prouvé et prouvable.
Bon, soit, je pousse, je précipite, souvent, à la rupture mais quand même.
Et à chaque fois, c'est la même histoire, je pique ma crise, je me mets en colère, je dis tout ce qui me passe par la tête, et même si je ne le pense pas.
Ah, voilà, ce mot là, ça va lui faire les pieds, et ça aussi je vais le dire même si c'est pas vrai.
Après, je me calme, je me pose, je me dis que c'est pas si grave. qu'au final, personne n'est irremplaçable et que comme m'a si gentiment dit l'inspectrice, le jour de mon inspection, "ça ne va pas être difficile de retrouver quelqu'un" et paf un clin d'oeil...
Quand j'ai un petit coup de mou, je repense à cette phrase et ça me met en joie.
Quand j'ai un petit coup de mou, je pense aussi à la manière dont je vais me venger de l'inutile, la moche, la vilaine.
Un soir, où j'ai appelé Valérie en pleurant de désespoir, elle a élaboré un plan, ça a duré au moins 2 heures le coup fil, tant elle avait le sens du détail. On est partie dans tous les sens, ficelant, mettant au point notre plan, éclatant de rire grassement toutes les 3 secondes. 
Je ne sais pas si un jour, on le réalisera, je ne sais pas si un jour on grandira. 
Mais toujours est-il que c'est horrible et tellement drôle. Si délirant que lorsque j'ai le cœur au bord des larmes comme souvent, et que je pense à ce projet, je ris toute seule et ça me met du baume au cœur justement.
Et donc cette semaine, je ne te cache pas que j'avais quand même les boules.
J'ai réfléchi, tournant les faits, les hypothèses dans tous les sens. Je me suis une fois de plus promis de ne plus jamais m'attacher à qui que ce soit, puis finalement j'ai compris.
Je me souviens quand j'ai rencontré le goujat, je lui avais dit que je m'étais attachée à tous les garçons avec qui j'étais sortie, que j'y avais cru d'une façon ou d'une autre, et que souvent, pour ne pas dire pour la plupart du temps, je m'étais vautrée.
Puis voilà, c'est con, à 35 ans j'ai compris... Je suis tout simplement amoureuse de l'amour!
C'est donc ça, j'aime l'amour, j'aime les papillons, les palpitations, les jambes qui vacillent, les yeux qui brillent.
Et même si l'homme de passage auquel je m'intéresse, ne me correspond ,mais alors pas du tout, je suis capable de me persuader d'un truc. Je vais me persuader qu'il est gentil, ou qu'il est attentionné et qu'on ne peut pas tout avoir, même si physiquement, c'est pas non plus un rêve éveillé.
Je vais m'émerveiller d'une main caressée, d'un texto à deux balles, ou d'un joli regard, et bloquer sur un détail, n'importe-quoi. Une fois, c'était le parfum, la fois d'après l'humour décapant, puis après la chanson jouée à la guitare, ou les trapèzes.
Je sais que parfois, tu dois te dire que je suis grave, illuminée, voire même irrécupérable, mais peu importe, je suis parfaitement lucide, je sais me remettre en question et ce soir, justement, je sais que je suis comme ça, parce-qu'au final, je suis une femme.
Qu'en serait-il si j'étais un homme, ahaha! 
Je me suis demandée du coup, comment je serais si j'étais un type...
Y a des mecs amoureux de l'amour, comme le menteur indécis, justement, mais ces types là, c'est pas la virilité qui les étouffe, si tu vois ce que je veux dire!
J'ai envie de te dire, oui si j'étais un homme, oh je serais un gentleman, sans hésiter, un mec bien sous tout rapport.
Mais je crois qu'en fait, je serais redoutable... T'imagines, il existe peu d'hommes amoureux de l'amour, à moins d'avoir affaire à Julio Iglesias ou , Enrique même, c'est quand même un trait relativement omni absent de cette chère gente masculine.
Le rêve! Parce-qu'alors si j'ai bien appris quelque-chose, c'est qu'ils sont bien plus détachés et relax que nous (enfin moi).
Donc sans ce trait (j'aimerais dire) génétique plus qu'handicapant, oui je serais impitoyable.
Je ne sais pas si j'enchaînerai les conquêtes, à la manière de l'altruiste, je ne sais pas.
Quoiqu'il en soit, j'envisagerais les relations avec les gonzesses avec un recul, je te raconte pas.
Je me donnerais le loisir d'être difficile, parce-que je serais beau gosse (j'imagine que je ressemblerais à mon fils donc dans trente ans... Un pire beau gosse).
Déjà, ma fossette les ferait toutes tomber comme des mouches.
Je serais attentionné, juste ce qu'il faut, et je serais l'homme qui tombe à pic, ne laissant à aucun moment, ma proie penser que je m'enfiche ou que je butine ailleurs.
L'élégance, la galanterie seraient mes maîtres mots, mais point trop n'en faut.
Je serais fort, très fort, avec un tact, une tchatche, comme t'en as jamais vu.
Un petit côté caméléon, de façon à cumuler les points communs avec Madame. 
Et surtout lorsque je me lasserais, j'arriverais sans trop de soucis à rompre dans la joie et la bonne humeur, sans prendre un tas de remarques merdiques et désobligeantes dans le museau.
J'aurais évidemment du style, je ne m'habillerais pas comme un clodo, comme souvent cela peut arriver.
Et le style, mon style s'adresserait aussi à ma manière de m'exprimer et de me comporter.
Pas question d'avoir mauvaise réputation ou une liste de conquêtes à rallonges.
Je serais drôle, peut-être parfois un peu lourd, mais jamais vulgaire à la Jean-Marie Bigard, quelle horreur.
Je pourrais continuer le tableau des heures, parce que je crois qu'en fait, je suis en train de dresser le portrait de l'homme idéal.
Incorrigible je te dis.
Quoiqu'il en soit, si j'étais un mec, je m'autoriserais pas à pleurer, pour personne.
Plus jamais.

 


samedi 4 mars 2017

Ce que La La Land a fait pour moi

"City of stars
Just one thing everybody wants
There in the bars
And through the smokescreen of the crowded restaurants
It's love
Yes, all we're looking for is love from someone else
A rush
A glance
A touch" City of Stars. La La Land OST

Cette semaine, je me suis enfin décidée à aller voir "La La Land". Les gens avaient l'air tellement enthousiaste. Cela dit, j'appréhendais le fait de trouver le film un peu cucul la nounouille.
J'ai donc demandé son avis, au goujat, le cinéphile, qui passe sa vie au cinéma.
Il m'a illico répondu que poète et fleur bleue comme j'étais, j'allais littéralement être conquise par le film, mais m'a mise en garde.
Tu sais bien que le goujat a toujours un avis éclairé et aiguisé sur tout et cette fois, il s'est positionné en tant que chorégraphe. Il a préféré me prévenir que la prestation dansée de Ryan Gosling est bien en dessous de celle d'Emma Stone. Non mais qu'est-ce qu'on s'enfout!!!?
Certes, peut-être que toi, ça t'intéresse, mais, soyons objectifs, Ryan Gosling reste quand même Ryan Gosling, et même si, d'après le goujat, il danse moins bien que sa partenaire à l'écran, on va lui pardonner.

Lorsqu'un film me plaît ou me marque,j'ai tendance à développer un petit côté monomaniaque et ne  plus penser qu'à ça.
Cet effet s'était produit quand j'étais allée voir "La vie d'Adèle". Je ne pensais plus qu'à ça, je ne parlais plus que de ça. Deux heures après la projection du film, j'en pleurais encore tellement j'avais été émue par l'histoire. J'avais été triste que les gens résument ça à une histoire d'homosexualité, de scènes crues et choquantes. J'avais été désolée qu'on ne puisse pas comprendre que c'était une histoire d'amour, d'une histoire de passion, où chaque jour que Dieu fait, l'on se demande comment on va s'en sortir.
Chaque jour que Dieu fait, on se demande comment on va s'en remettre.
Si je mets la bonne clé dans la serrure, il va revenir. Si le feu passe au vert dans moins de dix secondes, c'est sûr il va revenir. 22h22, vite faut que je fasse un vœu, qu'il revienne.
J'ai trouvé les gens cons de caricaturer le film, de banaliser l'histoire.

"Mon Roi" m'a également beaucoup émue, faut dire ça parle tellement de construction, de destruction, et de reconstruction, que je ne vois pas trop comment j'aurais pu passer au travers du concept et ne pas être dévastée à chaque fois que je le vois. Beaucoup de fois in fact.
Toujours est-il que les films qui me marquent, me terrassent, parlent clairement de mon sujet de prédilection, mon sujet préféré, l'amouuuuuuuur!

Mais que dire sur "La La Land"? Je dirais que ça apporte de la fraîcheur, de l'espoir, du renouveau, et surtout de l'élégance à l'amour;
Cela fait plus d'un an que je suis célibataire, et question élégance, je ne peux pas t'affirmer que j'en ai vu beaucoup; Et je ne parle pas des petites robes cintrées d'Emma Stone.

Finalement, je vais faire mon utopiste.  Et moi, clairement, je rêve d'une histoire à la "La La Land" et je vais t'expliquer pourquoi!
Déjà, dans un premier temps, je crois que si je portais les robes colorées d'Emma Stone, plutôt que mes survets, ça serait peut-être plus fastoche.
Parfois, je me dis que les gens qui ne me connaissent pas, comme les autres parents de la crèche ou de l'école, et qui ne savent pas que je suis prof d'eps, doivent se dire, non mais alors celle-là, zéro effort. Elle traîne toute la semaine en survet et en baskets, elle est même pas coiffée, elle doit pas travailler, et le week-end, lorsque j'amène le nain à un anniversaire, ils ne doivent rien comprendre.

Bref, la garde-robe de l'actrice dans le film, c'est plaisir des yeux. Et s'il n'y avait que ça.
Tout y est, la romance, la musique, le jeu de regards, d'émotions.
Clairement, en sortant du cinéma, j'avais envie de: chanter, de danser, de tomber amoureuse, de revivre une folle passion, et ne mettre que des robes, même pour aller bosser.
Et puis, le film a fait son petit chemin dans ma tête, et forcément j'ai été survoltée.
Voilà! C'est exactement ça que je veux! Bon je l'ai eu, une fois, c'est vrai, mais vois comme ça s'est terminé!
Tu dois te dire que je suis totalement barrée et tu as sans doute raison. Se prendre autant de tartes dans la gueule et continuer d'y croire. Je suis comme ça, je crois. Éternelle idéaliste  et indécrottable romantique.

Moi je pense véritablement que je suis une rescapée, une chanceuse du chagrin d'amour, ça ne m'a pas rendue aigrie, je continue de croire qu'il y a un type qui m'attend quelque-part et que je vais vivre une romance à la "La La Land", oui je me répète.
Et je sais que ce type, il ne se trouve ni sur Tinder, ni sur un autre site de rencontres d'ailleurs.
Ces mecs là ont quand même  une approche dégueulasse, qui nous rappelle qu'on est clairement dans une société de consommation où il faut agir dans l'instantané; et j'en suis, vois tu, considérablement blasée.
Dans le film, la rencontre est quasi fortuite. L’héroïne commence par lui adresser un sublimissime fuck, puis lorsqu'elle tente de lui parler, elle se prend un vent intersidéral.
A sa place, j'aurais déjà été conquise forcément.
Il y a des femmes comme moi, c'est à n'y rien comprendre; qui s'arrêtent toujours sur celui qui va leur tirer les cheveux, au sens imagé, bien entendu. Celui désinvolte, qui, on le sait dès le premier coup d’œil, va nous donner du fil à retordre.
Mais pourquoi donc s'intéresser au prétendant énamouré? C'est tellement mieux d'avoir des vues sur l'indifférent, le suffisant.
Plus sérieusement, je crois fondamentalement qu'on ne se refait pas, et que même à soixante dix balais, lorsque j'irai à des bals de vieux, je continuerai de m'intéresser à celui qui ne me voit pas ou qui me parle mal.
J'ai vraiment un petit vélo dans la tête, cela dit, nous sommes nombreuses dans ce cas là, toi aussi, allez assume!
Bref, ça commence comme ça, alors comment ne pas se reconnaître et ne pas être déjà folle amoureuse du regard froid, supérieur et cynique de Ryan?
Comment ne pas avoir envie de tenter de le balader par la suite?
Parce-que, oui, vous les Ryan en puissance, qui me lisez, faut pas croire! Faites pas trop les malins! La tendance finit toujours s'inverser.
Et là, tout y est, Elle est forte Emma, très forte!
Ryan finit par la retrouver. Et ça me fait penser à un truc tiens.  Toutes les fois où je me suis demandé si le type allait me rappeler oui ou non.Ma copine Julie dit que lorsqu'un mec veut te revoir, il s'arrange toujours pour te retrouver, ou te le faire savoir. et je trouve que c'est plutôt vrai.
Donc clairement, lorsqu'il ne te rappelle pas, ce n'est pas qu'il a cassé son portable ou qu'il lui est arrivé un truc incroyable, c'est qu'il en a rien à cirer, et là, ma biche, c'est NEXT!
Forcément, quand on a compris ça, c'est à dire, à trente-cinq ans, on passe vite à autre chose.
Souvent, d'ailleurs, je me dis, bordel, je voudrais avoir vingt-cinq ans et savoir tout ce que je sais, je serais redoutable. Mais même pas, je crois.
Mais ce que je sais, et toi petite, prends en de la graine, c'est qu'ils reviennent toujours! C'est littéralement prouvé! Le seul, pour lequel, au final, je n'ai aucune certitude, c'est bien évidemment le goujat. Sans doute, parce-que c'est véritablement un cas à part, un ovni, et que même j'espère qu'il ne reviendra jamais, tant je l'ai aimé.

Bref, tout y est. Ryan finit par la trouver et l'inviter à boire un verre, ou je ne sais quoi, chacun repart gentiment de son côté.
Dans un rendez-vous Tinder, Ryan se serait jeté sur toi pour te rouler une pelle, sans que tu ne prennes garde. Sauf que là, va y avoir rencard au ciné, où les deux tourtereaux vont progressivement se prendre la main, je meurs.
Puis, je ne vais pas tout te raconter mais c'est dans cet ordre que tout devrait se produire.
A aucun moment, dans le film, il n'est question de sexe, je respire.
Justement, dans notre monde à nous, tout respire, transpire le sexe. On doit consommer, de suite, maintenant, et pourquoi faire. Pour rien.
Dernièrement, un mec que j'ai rencontré, parlait de ça, parlait du sexe comme d'une performance.
Je ne mens pas, c'est le mot qu'il a employé qui m'a sauté aux yeux: performer. Et j'ai trouvé ça vraiment moche et triste.
Et j'ai décidé de partir vivre sur la planète "La La Land" où tout n'est que robe pastelle et cintrée, jeu de séduction fabuleux et baisers langoureux.
Non mais c'est vrai, aujourd'hui, on couche avec quelqu'un comme on lui prendrait la main. Les étapes sont brûlées, le jeu de séduction éludé, la cour totalement bâclée.

J'insiste, je suis lourde peut-être mais je m'en fiche, moi j'ai déjà fait le tour de la question, de la performance et de tout la smala et je vois bien que j'ai envie d'autre chose.
Alors tes cinquante textos pour pouvoir passer à l'acte, tu peux te les garder, si tu ne comptes pas me rappeler après avoir  passé la nuit avec moi.
Séduis moi d'abord, garantis moi que tu seras là et on verra, qu'il ne soit à aucun moment question de sexe, mais d'amour.
Je veux porter une robe jaune, me faire vanner toute la soirée et rentrer chez moi sans te lancer le moindre regard.  Je veux qu’après m'avoir jetée, tu me fasses une cour du feu de Dieu et que j'ai le loisir de dire oui ou non, ou oui mais non, ou non mais oui.
En écrivant cela, je me rends à l'évidence, je vis dans un monde parallèle. Mais j'y crois.
Je sais qu'un jour, je le regarderai les yeux au bord des larmes de tant de joie, de bonheur d'aimer simplement, et d'aimer sincèrement.
Et finalement, c'est vrai, on me l'a dit plusieurs fois, ça ne sera qu'un plus.
Tu dois penser que je suis débile,et  naïve de vouloir partir vivre dans "La La Land", mais détrompe toi. Je suis parfaitement lucide, sur ma situation et c'est juste une manière de mettre des mots sur ce que je serais en mesure d'accepter aujourd'hui.
Et c'est donc ce qu'à fait ce film pour moi. Juste savoir que le sexe pour la perf n'a aucun intérêt mais qu'on me parle d'amour.
Savoir que je préfère être seule que d'être avec n'importe-qui.
Y a dix ans déjà, ce que je cherchais avant tout c'était l'amour, mais je me trompais souvent et puis je manquais de patience.
Mais tu sais, ce soir, Lino m'a couverte de baisers. Il sait faire les bisous pour de vrai depuis une semaine environ. Il a embrassé son frère, ma cousine, son cousin, ma tante, ma mère, le chien, le chat mais pas moi.
Puis ce soir, j'avais la tête reposée sur l'accoudoir du canapé, il ne m'a pas fait un baiser, mais dix, que dis-je, vingt, il m'a couverte de baisers.
J'ai trouvé ça dingue, j'ai trouvé ça fou, les larmes me sont montées aux yeux, bien que je ne pleure plus. Et j'ai su, à ce moment là, que celui là, de l'amour il m'en donnerait un sacré paquet.

Alors quoi. Pour le reste, ça peut bien attendre. Je peux bien me payer le luxe d'être difficile maintenant que je sais ce que je veux non?
On résume, se faire tirer par les cheveux, porter une robe jaune, puis inverser la tendance, se prendre la main, et être ému jusque dans les yeux, jusque dans le cœur.
Fais moi danser, fais moi rire, fais moi chanter, fais moi t'aimer.
Mais en attendant, les baisers de Lino et d'Eneko me combleront.

"It's an another day of sun..."


jeudi 9 février 2017

Run Baby Run

"Le secret, ce ne sont pas les jambes. C'est avoir le courage de sortir, et de courir lorsqu'il pleut, qu'il y a du vent et de la neige.
Lorsque les éclairs s'en prennent aux arbres, lorsque les flocons de neige ou l'averse de glace te cinglent les jambes et te font pleurer.
Pour poursuivre, tu dois essuyer les larmes, pour voir les pierres, les murs ou le ciel." Vaincre ou mourir. Kilian Jornet.

Justement, pas plus tard, que mardi soir, Philippe et moi sommes partis courir en début de soirée. J'avais peur de la pluie, et lui ai donc demandé par texto si l'on maintenait notre entraînement.
Ce à quoi, il m'a répondu :"Eh Barbie, on va pas s'échapper pour trois goutelettes!"
Lorsque nous sommes partis de la Côte des Basques, c'était beau, le ciel est bleu orage, avec tant de nuances qu'il était difficile de dire véritablement s'il était gris, bleu gris, bleu orage. La mer était tumultueuse, et je me suis surprise à sourire lors des premières foulées.
Je me suis sentie vivante.
Puis, au fur et à mesure que nos jambes foulaient le bitume, le vent s'est levé, et lorsque nous sommes arrivés à Anglet, nous avons pris tout le sens de la mesure si moindre (humour) des trois fameuses goutelettes dont Philippe parlait quelques heures auparavant.
Un orage, que dis-je, des bourrasques, et de l'eau en veux-tu en voilà.
Peu importe, nous étions là, sans autre moyen ou d'autre alternative que de poursuivre notre chemin.
Je me suis surprise à sourire encore une fois. Je me suis dit qu'au moins, j'aurais pas trop chaud.
Puis, ça s'est calmé, puis non, arrivés à la Grande plage, on faisait du surplace à cause du vent et même si mes jambes avaient envie de hurler, moi dans le fond, j'avais envie de rire.
Je me suis dit qu'il fallait en passer par là. Qu'au final, pour ne plus jamais avoir mal au cœur, je devais avoir mal au corps et que tout me semblerait tellement relatif après tout ça.
Puis lorsque j'ai réussi, à franchir la dernière de ces putains de cent marches, Philippe m'a checkée, comme un pote et ça m'a émue.
Il m'a dit: "tu verras, quand on gagnera le SwimRun en mixte au scratch , on s'en souviendra de cette sortie".
Sur lui, il  y aurait tant de choses à dire mais je me tairai car je sais qu'il n'aimerait pas que je parle de lui. Je dirai simplement que c'est la rencontre d'une Barbie bardée de paillettes et d'un ours qui s'est laissé amadouer.
J'ai jamais vraiment été une filles à copains, à potes.
Je ne sais pas si tu as déjà remarqué, mais il y a des filles qui sont très douées pour ça.
Elles adorent la compagnie des garçons, se considérant comme leur égal. Elles n'aiment pas trop les filles, mais les mecs, ah ça elles ont plein de copains.
En définitive, ça n'a jamais été mon trip, moi je suis très copines, très girlsband, j'ai peu d'amis garçons et ceux que j'ai sont en fait des amis du goujat en fait.
Des amis, en somme, qui m'ont adoptée, et sur qui j'ai pu compter dans les moments les plus délicats. J'en ai peu c'est vrai, mais je me sens chanceuse qu'ils n'aient jamais pris parti.
Je n'aurais pas aimé qu'ils me disent: "ouais c'est un salaud, ceci cela", j'aurais détesté qu'ils me tournent le dos parce qu'ils le connaissaient depuis la maternelle.
Ils ont fait ce qu'ils avaient à faire, parce qu'on a beau dire, (surtout lorsqu'on les voit à l’œuvre aux fêtes de Bayonne par exemple), mais ce sont des mecs des vrais, des mecs intelligents, je te jure.


Petite interlude, tout ça pour te dire que même courir sous la tempête, me calme.
Comme je t'avais dit, j'ai de grands projets. Enfin, un surtout! Mais je m'y adonne à fond les ballons.
Pas forcément pour qu'on se dise, oh lalala, regarde comme elle est forte, sa course c'est difficile einh, quel mental.
Non, c'est plus que ça. En fait, ce qu'on pense de cette course comme de moi d'ailleurs, je m'en moque comme de l'an quarante.
Je crois qu'en fait, j'ai des choses, beaucoup de choses à me prouver.
Tu sais, j'ai raconté beaucoup de trucs, j'ai pris beaucoup de photos cette année, mais dans le fond, qui suis-je vraiment?
J'ai tenté des tas de choses, pour me sentir vivante, pour oublier d'où je venais, pour oublier le goujat, pour oublier tout l'amour que j'avais pour lui.
Qu'est-ce que j'ai appris?

J'ai appris qu'on efface pas la plus grande histoire d'amour de sa vie d'un coup de baguette magique, malgré les circonstances plus déplorables les unes que les autres.
J'ai appris que côtoyer des altruistes hédonistes, c'est drôle sur le moment mais inutile, et qu'au final, on a plus de chance de bien le vivre lorsqu'on prend les choses à la rigolade.
J'ai appris que côtoyer  des menteurs indécis, c'est perdre son temps. D'autant plus lorsqu'on se rend compte que le spécimen en question n'est finalement pas un homme un vrai, la bonne blague. Mais bel et bien un baltringue paumé, seul et ayant l'audace de me comparer à sa nouvelle conquête, hybride de Mariah Carey et de Kim Kardashian.
Ce beau parleur dirait que je suis abjecte de suffisance et de mépris, certes mais que veux tu c'est ce qu'il reste lorsque le cœur est empli de déception et de rancune de s'être faite berner par trois belles phrases à deux balles. Mytho, beau parleur de pacotille, ta maman aurait honte de ta manière de te comporter, allez oust, dégage de là!

Et finalement je réfléchis, je m'interroge forcément sur ce que je veux vraiment.
Nicole m'a fâchée lors de notre dernière rendez-vous. elle m'a dit: "mais enfin, vous ne vous rendez pas compte de qui vous êtes, vous êtes un astre, une étoile, une reine, prenez soin de vous, faites vous du bien, quand même!"
Elle me dit ça à chaque fois, et à chaque fois, je ne sais pas par où commencer, je me sens découragée.

Elle me dit: "mais enfin, vous n'avez pas besoin d'un homme, vous avez besoin de vous, vous avez besoin de vous aimer, juste ça".
Je suis réellement découragée lorsqu'elle me dit cela. Et puis finalement, je me dis que c'est peut-être comme se retrouver face à la Rhune ou à l'Artzamendi, c'est se dire, ok, il y a beaucoup à grimper, et en plus, il va falloir redescendre. Je vais prendre les choses les une après les autres,  et gérer comme je peux.

Je vais accepter de souffrir, d'avoir mal, je  vais m'écouter là pour une fois.
Puis, je vais aussi respirer à plein poumon et me dire que j'ai de la chance, reconnaître que dans mon malheur j'ai une chance infinie.
Je vais accepter de me suffà moi même et ce ne sera pas chose aisée.
Je sais bien qu'au final j'étais pas prête et c'est bien pour ça que j'ai confondu un homme, un vrai avec un tocard. J'étais pas prête.
Je devais d'abord être heureuse d'être seule avec moi même, mais j'ai voulu brûler les étapes, toujours ce temps, source d'angoisse bordel.
L'autre jour, une collègue m'a dit en parlant du goujat, mais pourquoi tu l'as aimé, s'il était si goujat?
Et je me suis rappelée.
Je me suis rappelée à quel point j'étais fière de me balader à son bras. J'ai jamais été si fière d'être avec un homme qu'avec lui.
J'étais fière de le présenter, il était beau, brillant, mais pas moins nocif.
J'étais en pâmoison lorsqu'il prenait la parole en public. Il avait cet esprit de contradiction  et le petit air qui allait avec, qui me laissait totalement admirative, moi qui avais si peu confiance en moi.
Il aurait contredit Nietzsche, pour le plaisir de batailler, et ça le rendait séduisant, j'avoue.
Sa fossette gauche se creusait, son regard frisait et j'étais conquise.
Et Aujourd'hui, je me dis, qu'au final, il a beau être ce qu'il est. Il a beau avoir vendu tous ces principes, toutes ses valeurs, au diable, il reste celui qui m'a faite vaciller en quelques secondes.
J'ai eu de la chance, finalement de savoir ce qu'est un coup de foudre. Je sais qu'il a l'a eu aussi et qu'il ne l'aura plus jamais.
Je sais qu'il a merdé et qu'il n'aimera jamais la vilaine comme il m'a aimée moi. Et ça me suffit.
Tu vois comme j'ai grandi. Et aujourd'hui, donc, je n'accepterai quelqu'un dans ma vie que lorsque je serai fière d'être à son bras comme je l'étais au sien.
Et aujourd'hui, pour me suffire à moi même, je me nourris de sport.
Lorsque je glisse dans l'eau, je me purifie, je me déleste de tout mon chagrin, c'est comme me laver, me débarrasser de toutes ces mauvaises ondes et c'est salvateur, j'avoue.
Et lorsque je brasse l'eau avec mes bras, je me sens immense, et lorsque j'ai mal, je me sens heureuse, oui, j'avoue.

Et lorsque je grimpe, je me souviens que j'ai cru mourir, j'ai cru que je ne survivrai pas de tout ce chagrin, puis si. Comme quand je grimpe, que j'ai envie d'enguirlander ma coéquipière, et qu'au final, après un pied devant l'autre, je me calme seule.
J'ai pas eu le choix en fait.
Puis lorsque je cours, ah lorsque je cours, c'est un rendez-vous avec moi même, que je ne raterais pour rien au monde. Puis parfois un rendez-vous avec lui aussi.
Je règle mes comptes, un peu, beaucoup, passionnément.
Parfois, elle me reproche de trop l'idéaliser depuis qu'il est parti mais j'y peux rien;
Je me rends compte qu'au final, depuis, que je suis née, c'est le seul type avec mes fils, avec mon tonton, qui ne m'a jamais fait défaut, alors quoi!?
Je règle mes comptes avec lui lors de mes sorties, ouais, et je lui dis, tu te rends compte, j'arrive plus à pleurer depuis que t'es parti. Des fois, je me force pour la forme, mais j'y arrive plus, les larmes se ravalent d'elles même.
"Mon visage aussi s'est ridé, mon cœur lui s'est bridé
Un truc en moi ce matin-là s'est brisé
Et même si je réponds ça va merci
J'ai dans la bouche comme un mauvais goût d'inertie
J'essaye de le masquer mais c'est dur , je te jure ouais, putain c'est dur
J'ai l'impression qu'il y a plus rien, j'ai peur en fait
Depuis que tes yeux me regardent plus, il se passe plus rien" Un ange dans le ciel. Kool Shen.

Je règle mes comptes avec lui mais peut-être qu'au final c'est ce qu'il voulait, lui que j'arrête de pleurnicher pour un oui, pour un non.
Partir, c'était me responsabiliser et c'est chose faite, et tu sais, ce projet, cette belle chose qui rythme mes jours et me tient tellement à cœur c'était comme me donner rendez-vous, me retrouver, après tout ça et accepter enfin d'être seule.

Alors j'ai arrêté, j'ai arrêté tout ça. Les sorties, les rencards, mon temps libre je le passe avec moi même, j'avoue. Et à mesure que les muscles souffrent et se dessinent, je me retrouve, à mesure que j'accumule la fatigue articulaire, musculaire, je revis, finalement, c'était aussi simple que ça.
Alors, voilà, il m'aura fallu, un an, t'imagine, 365 jours, 8760 heures, avant de comprendre que je dois être seule et que j'ai juste besoin de ça, pour me sentir vivante.
Tu sais quoi, rendez-vous en juin, je vais faire des merveilles.
  Et sur ce, je te laisse avec Ed Sheeran, et cette petite faribole qui me fait littéralement craquer.
C'est comme ça, comme ce rythme, comme cette tchatche que je l'imagine, celui dont je serais fière, tu vois.
Je t'embrasse...